A Bordeaux, Thomas Cazenave rallume la lumière comme il l’avait promis pendant la campagne des élections municipales

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C’est la première mesure de ses « 100 jours pour agir vite et fort » que vient de présenter le nouveau maire de Bordeaux. A peine élu, Thomas Cazenave va donc « rallumer la lumière la nuit dans toutes les rues de la ville avec un rallumage progressif réalisé d’ici à la fin de la semaine prochaine. »

Une promesse phare de sa campagne, en opposition à l’expérimentation menée par son prédécesseur, l’écologiste Pierre Hurmic, qui avait éteint 57 % du parc lumineux de Bordeaux en 2023 face à la crise énergétique. « Avant d’assouplir la mesure deux ans plus tard pour éclairer 99 % des piétons lors des trajets nocturnes » retrace Laurent Guillemin, ex-adjoint à la sobriété.

« Populiste et coûteux ! »

Dans les rues de Bordeaux, l’annonce soulage Marc, dont la femme « n’osait plus sortir le chien tôt le matin ou tard le soir en hiver, faute d’éclairage ». « Enfin ! s’exclame-t-il, remonté par des vols de vélo dans la rue. » La caméra de surveillance n’avait pas pu les voir puisqu’il faisait nuit noire » poursuit cet habitant qui vit à deux pas de l’emblématique rue Saint Catherine.

« Remettre la lumière à tout prix sous prétexte de plus de sécurité ? Populiste et coûteux ! » rétorque Martial en enfourchant son vélo. Pour Sébastien, croisé un peu plus loin, la mesure, « un peu électoraliste, n’est pas ridicule ». « Des femmes avaient fait part de leur sentiment d’insécurité dans les rues éteintes, il faut les écouter » insiste ce Bordelais qui n’a pourtant pas voté pour le député macroniste.

Léa et Coralie appréciaient « l’économie d’énergie de l’extinction ». « Mais l’initiative n’était pas bien appliquée dans les rues où il y a du monde » dit l’une, agacée que la seule lumière de sa rue, soit celle d’un magasin qui, lui, aurait dû être éteint.

Des commerçants ravis

Grand Théâtre, Porte Cailhau, Porte Dijeaux, sous Hurmic… Une quinzaine de monuments emblématiques de Bordeaux étaient restés allumés la nuit, sur les 110 éclairés sous Juppé. Cazenave devrait en rallumer huit autres dans un premier temps. Dont la place Saint-Projet où la nouvelle ravit les commerçants, comme Caroline.

« Actuellement, c’est notre brasserie qui éclaire la place alors la lumière va sûrement ramener des clients » souligne-t-elle. « Et éloigner les punks à chiens » glisse un de ses confrères qui préfère rester anonyme. L’interrupteur sera aussi enclenché Porte de la Monnaie, Basilique Saint-Seurin ou encore à l’Abbatiale Sainte-Croix.

« Ça mettra en valeur les sculptures du portail de cette église classée du XIIe siècle. La place est toute neuve et végétalisée, il ne manque plus que la lumière, les spots sont toujours là, prêts à fonctionner ! » se réjouit Philippe, impatient.

La décision à un coût : 300 000 euros en plus dans le budget d’éclairage annuel de 2,5 millions d’euros. « Ce rallumage, sera adossé à un triplement du rythme de déploiement des LED, de 1900 par an dès cette année » a précisé Thomas Cazenave.

La place de La Bourse pourrait mettre tout le monde d’accord. Dans le noir à cause d’un manque d’entretien du dispositif de 1995 - « qui incombait à la CCI » glisse Laurent Guillemin – trop vétuste pour être remonté après la rénovation des façades, la majorité écolo y prévoyait un nouvel éclairage, en cofinancement, par projection, « au lieu des 1 000 ampoules à 1 000 euros l’unité ». Une idée lumineuse… que poursuivra peut-être son successeur.

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