À Coachella, The Strokes transforme son concert en brûlot antiaméricain

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Emmené par le chanteur Julian Casablancas, The Strokes a transformé en tribune politique la scène de Coachella, qui a accueilli jusqu’au 19 avril des poids lourds de la musique.

Emmené par le chanteur Julian Casablancas, The Strokes a transformé en tribune politique la scène de Coachella, qui a accueilli jusqu’au 19 avril des poids lourds de la musique. VALERIE MACON / AFP

Dimanche, le groupe de rock indé a conclu sa performance par la projection d’une vidéo dénonçant pêle-mêle les ingérences passées de la CIA, la guerre à Gaza et l’opération militaire en Iran.

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Vent debout contre l’Amérique. Les rockeurs de The Strokes ont transformé la grande scène du festival Coachella, qui a accueilli jusqu’au 19 avril des poids lourds de la musique dans le désert californien, en tribune politique. À la fin de leur prestation de dimanche soir, les cinq garçons du groupe new-yorkais ont lancé un montage vidéo dénonçant, pêle-mêle, les ingérences passées de la CIA, le soutien à Israël dans la guerre à Gaza et l’opération militaire en Iran.

Le montage montre, d’abord, des figures politiques contre lesquelles les États-Unis ont lutté, dans une longue tradition d’ingérence en Amérique latine et en Afrique. C’est le cas de Patrice Lumumba, premier dirigeant démocratiquement élu de RDC, dont la CIA souhaitait la disparition. Il a été exécuté en 1961 par un peloton d’exécution congolais avec le soutien de la Belgique, qui en a reconnu la « responsabilité morale ».

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De Martin Luther King à Gaza

D’autres visages passent à l’écran. Celui du président guatémaltèque Jacobo Arbenz, renversé en 1954 par un complot orchestré par la CIA. Celui du chef d’État bolivien Juan José Torres, victime en 1971 d’un coup d’État fomenté par une extrême droite soutenue par les États-Unis, et assassiné cinq ans plus tard. Sans que les responsabilités américaines aient été clairement établies. La vidéo dénonce aussi les guerres menées aux XVIIIe et XIXe siècles contre les Amérindiens, et la violence de ségrégation raciale.

Puis The Strokes rappelle que la culpabilité d’agences gouvernementales dans la mort de Martin Luther King, tué par un ségrégationniste blanc en 1968, a été reconnue lors d’un procès civil. Les musiciens militants oubliant de préciser cependant que le département de la Justice, en 2000, a réfuté toute conspiration nationale dans le meurtre du leader. L’hostilité du FBI à l’égard du pasteur, en revanche, ne fait pas de doute.

« Plus de 30 universités en Iran ont été détruites » par les frappes aériennes israélo-américaines, lit-on ensuite sur l’écran géant du festival. Les médias locaux ont fait état de trente établissements « touchés ». Le Croissant Rouge, début avril, a décompté 763 écoles endommagées ou détruites. Le New York Times  a pu authentifier seule une vingtaine d’entre elles, «une infime partie des dégâts» selon le quotidien américain. La vidéo montre enfin l’université gazaouie Al-Israa réduite en cendres par l’armée israélienne. Des images qui datent de janvier 2024.

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En 2020, les Strokes avaient affiché leur soutien à Bernie Sanders. Le «démocrate socialiste» était le seul homme politique, selon ces enfants de bonne famille devenus des piliers du rock américain, à pouvoir s’opposer à la « finance » et rétablir « la démocratie ».

La formation doit se produire à l’automne à l’Accor Arena de Paris-Bercy, six ans après leur dernière venue dans la capitale. La formation défend actuellement son septième album, Reality Awaits .

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