Actualité : Mignons, à 4 pattes, voici les futurs rovers lunaires et martiens : ils n'ont rien à voir avec Curiosity !

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Publié le 16/04/26 à 07h15

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Alors que les rovers à roues comme Curiosity ou Perseverance ont marqué l'histoire, une nouvelle étude suggère que des robots quadrupèdes, plus légers et dotés de seulement deux instruments, pourraient être bien plus efficaces pour explorer les terrains accidentés de la Lune ou de Mars.

 ils n'ont rien à voir avec Curiosity !

© ETH Zürich (screener) - ANYMal gambade comme un chien dans un Parkour avant d'explorer les mondes du Système solaire.

Depuis les années 70, l’exploration de la surface des planètes repose sur un paradigme immuable : de gros laboratoires roulants, lourds et lents. Mais cette ère pourrait toucher à sa fin. Une étude publiée dans Planetary and Space Science propose de troquer ces mastodontes contre des robots à pattes, inspirés par la biologie, capables d'aller là où les roues s'enlisent. Et en plus, ils sont mignons, non ?

ANYMal : l’agilité contre la force brute

Le problème des rovers actuels est leur mobilité limitée. Un cratère trop pentu ou un champ de rochers trop denses, et la mission s'arrête. En utilisant des robots quadrupèdes (similaires au célèbre Spot de Boston Dynamics), les agences spatiales pourraient explorer des grottes laviques ou des cratères polaires escarpés.

L’étude démontre qu’un robot à quatre pattes offre une redondance critique : même avec une patte endommagée, il peut continuer à ramper ou à se stabiliser. Mais l'innovation ne s'arrête pas à la locomotion. Les chercheurs préconisent une approche radicale : la sobriété instrumentale. Leur prototype s'appelle ANYMal.

"Less is more" : le choix des deux instruments

ANYMal, c'est son nom, dispose d'un imageur et d'un spectromètre.

ANYMal, c'est son nom, dispose d'un imageur et d'un spectromètre.

© Ligeza et al. 2026

Plutôt que d'embarquer une dizaine de capteurs qui alourdissent la structure et complexifient la consommation d'énergie, les auteurs suggèrent de limiter chaque robot à deux instruments seulement. Ce duo stratégique permettrait de réduire drastiquement le poids (moins de 50 kg contre une tonne pour Perseverance) et d’optimiser la vitesse de déplacement.

  • Un spectromètre : pour analyser la composition chimique des roches en temps réel.

  • Un système Lidar ou des caméras stéréoscopiques : pour la navigation autonome et la cartographie 3D haute précision.

Cette configuration permet de maximiser le rapport “découverte scientifique par kilogramme transporté”. En étant plus léger, le robot consomme moins, se déplace plus vite et peut couvrir une zone géographique beaucoup plus vaste sur une durée de mission équivalente.

Exemples d'images prises en différentes longueurs d'ondes par le robot avec sa caméra.

Exemples d'images prises en différentes longueurs d'ondes par le robot avec sa caméra.

© Dr Gabriela Ligeza

La stratégie de “meute”

ANYMal est un explorateur.

ANYMal est un explorateur.

© Dr Gabriela Ligeza

L'intérêt de robots plus petits et moins chers est aussi stratégique. Au lieu d'envoyer un seul rover à plusieurs milliards de dollars – dont la perte signifierait l'échec total de la mission – la Nasa ou l'ESA pourraient envoyer une meute de quadrupèdes.

Si l'un d'eux tombe dans une crevasse, les trois autres continuent la mission. Cette approche collaborative permettrait également de quadriller une zone en parallèle, multipliant les points de collecte de données. Un fonctionnement en réseau qui rappelle les systèmes de “swarming” (essaimage) déjà testés dans l'industrie et la défense.

Le défi de l’autonomie

Le principal obstacle reste l'intelligence artificielle nécessaire à la marche. Contrairement à une roue qui tourne, une patte doit analyser chaque point d'appui. Sur la Lune ou sur Mars, avec un délai de communication de plusieurs minutes, le robot doit être capable de décider seul où poser son pied en une fraction de seconde.

Les avancées récentes en deep reinforcement learning (apprentissage par renforcement) permettent aujourd'hui à ces robots d'apprendre à se rétablir après une chute ou à traverser des sols meubles (régolithe) sans intervention humaine.

Conclusion : un changement de philosophie

Passer du laboratoire roulant au “chien de reconnaissance” spatial marque un tournant. Si la puissance de calcul et les capacités d'analyse des gros rovers restent indispensables pour les prélèvements profonds, le robot à pattes s'impose comme l'éclaireur ultime. Plus agile, plus résilient et surtout plus spécialisé, il est le candidat idéal pour les environnements extrêmes que nous ne faisons qu'apercevoir de loin.

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