Grand entretien. Pourquoi démissionne-t-on vraiment ? Anthony Klotz, professeur à l’UCL School of Management de Londres, montre que nos départs sont souvent déclenchés par des événements anodins. Et se terminent dans bien des cas... par des regrets.
Propos recueillis par Thomas Mahler et Laurent Berbon
Publié le 16/04/2026 à 17:00

Anthony Klotz, professeur à l'UCL School of Management à Londres.
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Quelles sont les raisons qui nous poussent réellement à démissionner ? Comment expliquer que des salariés satisfaits partent alors que les plus malheureux restent ? Pourquoi autant de démissions interviennent-elles dès la première année ? Comment prendre la bonne décision quant au fait de rester ou de partir ? À l’ensemble de ces questions, souvent intimes et propres à chacun, Anthony Klotz, professeur de comportement organisationnel à l’UCL School of Management à Londres, apporte un éclairage scientifique dans son ouvrage Jolted: Why We Quit, When to Stay, and Why It Matters (2025, Viking, non traduit). L’auteur met en lumière la manière dont un simple événement parfois banal se transforme en "secousse" et modifie notre rapport au travail. Jusqu’à nous pousser à claquer la porte. Et à le regretter ? Bien plus fréquemment qu’on ne l’imagine, explique-t-il dans un entretien à L'Express. Ce chercheur souligne qu'il est d’autant plus difficile de résister à la tentation de considérer le départ comme la solution que "quitter son emploi est souvent valorisé dans la culture populaire."
Celui qui a popularisé le concept de "grande démission" - dont le pic, fin 2021, a vu les travailleurs aux États-Unis quitter leur emploi à des niveaux jamais vus depuis le début des relevés en 2000 - identifie par ailleurs les prémices de nouvelles dynamiques à l'œuvre sur le marché du travail.

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