Une colère froide et un violent sentiment d’injustice. Pour les joueurs et le staff du Real Madrid, éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions de football par le Bayern Munich mercredi soir, il n’y a pas de doute. « Le match s’est joué là-dessus », a taclé en conférence de presse Alvaro Arbeloa, l’entraîneur du Real, en référence au second carton jaune reçu par Eduardo Camavinga.
Un nouvel avertissement pour le Français, pour un anodin acte d’antijeu, synonyme d’expulsion à la 86e minute du match, qui a changé le scénario de la rencontre… et de la saison.
Avant cette décision, le Real menait encore 3-2 et le duel, intense et indécis, se dirigeait alors vers une prolongation (1-2 pour le Bayern à l’aller). Quelques minutes plus tard, les Munichois marquaient à deux reprises et décrochaient leur ticket pour le dernier carré de la compétition où ils affronteront le PSG. Le Real, lui, voyait ses chances de décrocher un titre cette saison s’évaporer…
L’arbitre « a gâché une rencontre magnifique »
« Cette exclusion, personne ne la comprend, poursuit Arbeloa. C’est dommage mais l’arbitre en a décidé ainsi. On a l’impression qu’il ne savait pas que c’était son second jaune. Ça aurait pu être différent. Il a gâché une rencontre magnifique et très équilibrée, à son apogée, et c’est là que le match s’est terminé. »
Le coach note également que « les Munichois lui (l’arbitre) ont assez rapidement signalé que c’était son second. » « Ça nous fait mal évidemment, c’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler », regrette Arbeloa.
Même sentiment du côté des joueurs. Si certains, à l’image de Camavinga, ont préféré garder le silence en passant devant la presse après la rencontre, d’autres ont parlé d’une « injustice », pour Éder Militão, ou d’une « blague » pour Jude Bellingham.
« C’est mieux que je ne parle pas ce soir, tout le monda a vu ce qu’il s’était passé » , a quant à lui lâché le défenseur Antonio Rüdiger, l’international allemand du Real, au moment de passer dans la zone mixte de l’Allianz Arena.
Depuis le banc de touche, il n’est pas entré en jeu, Dani Carjaval a pointé la responsabilité de l’arbitre : « C’est ta faute ! C’est ta p… de faute ! » Une séquence captée par les caméras de Movistar.
La presse espagnole revient également longuement sur cette décision de Slavko Vincic, l’arbitre slovène de la rencontre.
Le journal madrilène Marca évoque une « injustice » en Une, avec une photo de Camavinga recevant son carton rouge. Le quotidien parle d’une véritable « tragédie de l’indiscipline », note l’absence de discipline des joueurs et juge le geste de Camavinga de « stupide » tactique.

Sur sa Une du jour, le journal As affiche une photo de Mbappé en train de parlementer avec l’arbitre et titre « Jusqu’à ce que l’arbitre en décide autrement ».
Le Mundo Deportivo titre en gros « Le KO Blanco ». « Madrid fait ses adieux à la Ligue des champions après être tombé à Munich au terme d’un match trépidant qui s’est joué sur le fil ». Un fil rouge…
En Angleterre le match a également été commenté. « Si seulement nos meilleurs matchs de Premier League étaient aussi beaux que celui-ci, s’exclame The Sun. Alors que la plupart des matchs de Premier League se sont transformés en rencontres ennuyeuses et soporifiques, ne reposant que sur des coups de pied arrêtés, ce match à couper le souffle était le plus beau sport à l’état pur. »
« Ce qu’a accompli le Bayern est en réalité impossible »
En Allemagne, le ton de la presse est bien différent de celui de son homologue ibérique. « Fou, épique, magique », s’enthousiasme Sky Germany. « Quel spectacle en Ligue des champions : le match a basculé d’un côté puis de l’autre, mais au final, le Bayern a pris le dessus face à un Real Madrid redoutable en contre-attaque », résumait Der Spiegel.
Bild affirme de son côté que « ce qu’a accompli le Bayern est en réalité impossible ». Une réalité bien amère pour les Madrilènes.











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