Dès Le Secret de l’Espadon, Edgar P. Jacobs imagine des inventions futuristes d’une précision et d’un réalisme stupéfiants, tout en s’interrogeant sur les dérives potentielles du progrès après l’horreur atomique d’Hiroshima.
De profil, le nœud papillon bien visible sous le col de sa blouse blanche, assis face à sa table à dessin industriel, sa pipe en bouche, tenant d’une main une règle articulée et de l’autre un crayon, traçant le détail d’une coupe d’un engin complexe : c’est ainsi qu’on découvre le professeur Philip Mortimer, dans la première image de la quatrième planche du Secret de l’Espadon. Tout comme le capitaine Blake arborait clairement son statut de militaire dans la planche précédente – en uniforme bleu de la Royal Air Force – la mise en scène et l’habit de Mortimer ne laissent aucune place au doute : le personnage est un scientifique, un savant atomiste travaillant sur une nouvelle invention.
On pourrait penser que la blouse blanche et la table à dessin sont des raccourcis faciles pour introduire la profession du héros, et que la science n’intéresse pas vraiment Edgar P. Jacobs. Mais ce serait un contresens total. La science et la technique sont omniprésentes dans son œuvre, et les savants…

il y a 1 month
4










English (US) ·