« C’est un peu comme un grand LEGO® » : dans l’Eure, le logement social se met au bois

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À deux pas de la gare SNCF de Val-de-Reuil dans l’Eure, trois bâtiments en cours de construction attirent l’œil du visiteur. Pas seulement par leur taille, mais plutôt par leurs façades entièrement constituées de pans de bois. C’est la Villa Serena, un vaste chantier de 105 logements, du T2 au T4, porté par le bailleur social 3F Normanvie et dont la livraison est prévue dans un an sur ce site de 2,8 hectares.

« Un surcoût de 10 % par rapport à des logements classiques »

« Pour nous, c’est une opération particulièrement innovante », résume Melvin Gerken, chef de projets construction pour le maître d’ouvrage qui gère un parc de 24 000 logements sociaux sur l’ensemble de la Normandie. « Pour une telle construction, nous aurions dû utiliser environ 5 000 m3 de béton. Là, il n’y en aura que 2 200 m3, principalement pour les fondations, le rez-de-chaussée où se situent les garages, les balcons et les cages d’escalier avec les ascenseurs. Tout le reste de la structure porteuse et les planchers sont en bois. Même les cloisons qui utilisent en outre de la laine de bois pour l’isolation. À cette échelle, c’est évidemment une première dans la région, mais même en France d’une manière générale. »

La structure porteuse et les planchers sont en bois produit dans les forêts françaises./LP/Laurent Derouet

La structure porteuse et les planchers sont en bois produit dans les forêts françaises./LP/Laurent Derouet

Produit dans les forêts françaises, entre la Vendée et la Normandie, le bois utilisé ici remplace ainsi des matériaux énergivores traditionnellement utilisés dans la construction. Mais il stocke en plus du carbone pour une longue période. Ce qui vaut à ce projet de dépasser largement les normes environnementales les plus exigeantes… applicables à partir de 2031. Et d’afficher une impressionnante liste de labels en la matière. Sans dépasser outre mesure les coûts habituels de construction. « Globalement, on est seulement à environ 10 % de surcoût par rapport à des logements classiques », détaille le jeune ingénieur de 25 ans passé par les bancs de l’INSA Rouen Normandie.

Bâtie sur pilotis pour prendre en compte la proximité de l’Eure qui n’est pas à l’abri de déborder, la Villa Serena sera en outre équipée d’une chaudière à bois, plus écologique et qui devrait permettre aux futurs résidents de diviser par deux leur facture énergétique en comparaison d’un bâtiment traditionnel. En revanche, les appartements ne ressembleront pas à des chalets puisque, pour des raisons d’isolation, phoniques notamment, les parois sont doublées d’un habillage plus standard.

En visitant les étages encore en travaux, ce qui impressionne c’est la relative absence de bruit. « La majeure partie des éléments sont préfabriqués en atelier. Ici, c’est un peu comme un grand LEGO® où on les assemble, morceau par morceau. On passe plus de temps à la conception, mais moins au montage, ce qui permet d’avoir des délais relativement similaires à un projet traditionnel », continue Melvin Gerken en observant la pose d’un des murs par les équipes de Bouygues, le maître d’œuvre, dont les équipes ont été spécialement formées à ce type de construction qui pourrait bien devenir de plus en plus fréquent. « C’est l’objectif », se projette le jeune homme. « On teste ici des techniques qui pourront être dupliquées ailleurs. » Une autre manière de construire l’avenir.

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