Europe. Dans les hautes instances de l’UE, on célèbre autant la victoire de Péter Magyar qu’on savoure la défaite de Viktor Orban, qui ouvre une nouvelle ère.
Publié le 15/04/2026 à 16:00

Péter Magyar et le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, le 9 octobre 2024 au Parlement européen, à Strasbourg.
Parlement européen
Ils ne pouvaient rêver d’une meilleure soirée. A la télévision, le Hongrois Péter Magyar, ravi d’avoir défait dans les urnes Viktor Orban, bête noire des Européens et cheval de Troie de Vladimir Poutine, prononce ces quelques mots, que l’on n’espérait plus entendre, depuis longtemps, à Bruxelles : "Aujourd’hui, le peuple hongrois a dit oui à l’Europe". Pendant ce temps, à 1 100 kilomètres à vol d’oiseau de Budapest, les téléphones crépitent, les boucles WhatsApp surchauffent et toute la "bulle" bruxelloise exulte de bonheur. On s’envoie quelques émojis, on se laisse (un peu) aller. "Put*** mais le pognon qu’ils vont se faire !", pianote un haut fonctionnaire de la Commission européenne à un ami qui travaille au Parlement de Strasbourg en référence aux 17 milliards d’euros que la Hongrie, appauvrie sous Orban, devrait toucher - ces fonds étaient gelés en raison du non-respect de l’Etat de droit. Ce soir-là, on célèbre la victoire de Péter Magyar autant qu’on savoure la défaite de Viktor Orban. "Ça nous enlève une sacrée épine du pied, résume le conseiller d'un commissaire européen. On n’aura plus à faire attention à ce qu’on dit, à qui on le dit, et ça va tout débloquer. On n’imagine pas ce que ça va changer ici. C’est une révolution !"
Magyar est, certes, un illustre inconnu, mais un illustre inconnu vaut mieux qu’un informateur de Moscou… Il y a trois semaines, le Washington Post révélait ce que l’on soupçonnait déjà depuis des années dans les hautes instances de l’UE : le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a régulièrement transmis des informations sensibles à son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les Hongrois étaient par conséquent exclus de certaines discussions, notamment au stratégique Conseil de l’UE ; avec Péter Magyar, ils devraient être réintégrés. C’est la première conséquence, majeure, de cette large victoire du juriste de 45 ans - il a remporté les deux tiers des 199 sièges au parlement hongrois.

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