Cash Investigation et Élise Lucet sont visés par une plainte pour "non-dénonciation de mauvais traitements", après la diffusion d'un reportage sur les violences dans le périscolaire parisien en janvier dernier. La rédaction en chef de l'émission s'est défendue dans les colonnes du Figaro.
Le 29 janvier dernier, France 2 diffusait Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles, un numéro de Cash Investigation. Une plainte a été déposée contre l'équipe de l'émission de France 2, ses producteurs et Élise Lucet, pour "non-dénonciation aux autorités administratives ou judiciaires de mauvais traitements ou d’agressions ou atteintes sur un mineur".
Ce reportage montrait en effet les violences qui pouvaient exister dans le cadre du périscolaire de l’école maternelle publique Saint-Dominique du 7e arrondissement de Paris. Comme le rappelle Le Figaro, dans les images tournées en caméra cachée par Premières Lignes Télévision, on voyait par exemple une animatrice embrasser sur la bouche un enfant dans le cadre de l'établissement.
L'avocat des victimes dénonce le fait que les images de Cash Investigation aient été tenues "secrètes pendant 9 mois"
L'avocat de la famille d'une victime s'est ainsi indigné qu'il se soit écoulé plusieurs mois entre ce tournage et la diffusion du reportage sur France 2. "Ces images – sélectionnées parmi vingt-sept heures de rushes – ont été tenues secrètes pendant neuf mois, sans qu’aucun signalement aux autorités judiciaires ou administratives ne soit effectué", a dénoncé Me Julien Roelens dans un communiqué.
"Avoir dissimulé ces faits est un délit, d’autant plus grave qu’un signalement aurait permis de protéger les enfants", constate-t-il. "L’équipe de Cash Investigation a entendu faire du divertissement sur fond de violences commises sur des mineurs de 3 à 5 ans, en réservant l’exclusivité des révélations à la diffusion de son émission", ajoute-t-il.
La rédactrice en chef de Cash Investigation se défend
Dans les colonnes du Figaro, la rédactrice en chef de Cash Investigation a répondu à ces accusations. Elle a souligné que sa mission était "d’informer sur des situations problématiques, d’alerter sur des dérives ou sur les défaillances systémiques, en recueillant notamment la parole des victimes, des témoins et des institutions mises en cause".
"Mais nous ne devons en aucun cas nous substituer au travail de la police et de la justice", rappelle-t-elle. Elle estime également avoir "attiré l’attention de la mairie afin qu’elle se saisisse du problème et qu’elle mette en place les dispositions qui lui semblent nécessaires".
Elle souligne en effet qu'Élise Lucet s'est entretenue avec Patrick Bloche, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo en charge de l’éducation, pour le faire réagir sur les images tournés par les journalistes.

il y a 2 day
1










English (US) ·