Entretien. La ministre des Armées plaide pour une Europe qui produit plus d'armes et mutualise ses achats, dans une logique d'indépendance vis-à-vis d'une Amérique de Donald Trump toujours plus imprévisible.
Publié le 15/04/2026 à 18:00
Catherine Vautrin le 11 mars 2026, à l'Elysée.
Jumeau Alexis/ABACA via Reuters
Six mois à un rythme fou. Depuis sa nomination comme ministre des Armées, en octobre 2025, Catherine Vautrin a fait ajouter beaucoup de tampons sur son passeport. Les pays du Golfe, la Grèce, l'Ukraine, la Pologne, le Japon, la Corée du Sud, la Suède, Luxembourg... Et ce dans un contexte géopolitique brûlant. "Regardez comment on a commencé l'année...", retrace-t-elle en recevant L'Express à l'hôtel de Brienne, avant d'égrener les nouvelles crises à gérer en 2026 : Venezuela, Groenland, désormais l'Iran et la gestion du détroit d'Ormuz.
La ministre a accepté d'évoquer un autre dossier brûlant : la dépendance des armées européennes au grand frère américain. Les prétentions de Donald Trump sur le Groenland ont mis en lumière la mainmise des Etats-Unis sur l'armement des Européens... au point qu'il serait quasi-impossible de combattre sans leur aval. Durant une heure, Catherine Vautrin défend les choix français, assume le rôle de chef de file que devra jouer Paris en Ukraine, en cas de retrait de Washington. "La réponse est oui", réagit-elle lorsqu'on lui demande si l'Europe peut être prête, à tout moment, à suppléer un défaut américain auprès de Kiev.

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