« Ce monsieur était en train de se… » , l’autrice Virginie Grimaldi dénonce l’exhibition sexuelle d’un homme devant ses enfants

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Ce n’est pas un roman. Et, à n’y réfléchir qu’un dixième de seconde, c’est une histoire que des milliers d’autres pourraient raconter. L’autrice la plus lue en France, Virginie Grimaldi, a relaté dimanche, sur son compte Instagram, une histoire dont ses enfants et elle ont été les témoins.

Sans donner de lieu ni de date, l’écrivaine commence par écrire qu’elle était en vacances en famille à l’hôtel. Au moment où ses enfants de 13 et 6 ans entrent dans la piscine, elle remarque un « homme de dos, pile en face d’un jet massant ». À ses gestes, elle comprend tout de suite qu’il se masturbe. Sur le rebord du bassin, il a posé son téléphone qui diffuse un match de rugby, qu’il ne semble pas regarder. « Je ne voulais pas alerter les enfants », écrit-elle. Ainsi que « le pauvre, j’ai pensé, il va avoir honte ».

Elle s’approche, lui dit qu’elle sait ce qu’il fait, au présent, preuve qu’il n’a pas cessé à l’arrivée d’autres clients, plus encore de ses deux jeunes garçons. « Il a nié mollement, a eu l’air ahuri. J’avais vu ce qu’il faisait mais il m’a presque fait douter ».

« Hésité à donner une suite »

Alors que le maître nageur arrive au bord de la piscine, l’homme sort de l’eau. « Ma voix est enfin sortie, j’ai dit au maître nageur « Ce monsieur était en train de se… » » L’exhibitionniste continue de maugréer, osant même lui dire que « c’est grave » de l’accuser, qu’il remontait juste son short de bain trop large.

La responsable est appelée et bien que le maître nageur dise les difficultés qu’il a à faire respecter les règles à ce client régulier, qui se met nu dans le sauna, elle lui demande « trois fois » de confirmer son accusation. « Je me suis mise en colère, sa parole à lui n’avait pas été remise en doute, j’ai su plus tard qu’elle s’en voulait, qu’elle avait été sidérée ».

Virginie Grimaldi poursuit en disant avoir « hésité à donner une suite ». « Parole contre parole, il ne risque rien ». Mais elle a pensé à l’affaire Pelicot et à cet autre pervers que je n’ai pas osé dénoncer il y a vingt ans ».

Au commencement de l’affaire Pelicot, en 2020, il y a deux vigiles d’un supermarché de Carpentras qui remarquent que l’homme filme sous les jupes de deux femmes dans les rayons. Et qui préviennent la police. Et qui convainquent les deux femmes, une mère et sa fille, de porter plainte. C’est dans le cadre de cette confrontation que la police avait mis la main sur une partie de l’immense perversité de Dominique Pelicot, tapie dans son téléphone, et que la justice a pu le condamner à 20 ans de réclusion pour des multiples viols de sa femme Gisèle, sous soumission chimique.

« Ce sera noté quelque part »

Virginie Grimaldi fait le parallèle : « L’homme ayant une soixantaine d’années, il a peut-être déjà un passif, ce sera peut-être la goutte d’eau pour le faire plonger », espère-t-elle. Et « si ce n’est pas encore le cas, ce sera noté quelque part ».

Et d’ajouter : « j’ai été prise au sérieux au commissariat. C’est ce qui m’a fait comprendre que c’était grave ». Le directeur de l’établissement fait lui aussi une main courante contre ce client régulier, membre du spa. Le maître nageur rédige une déclaration sur l’honneur.

« J’y pense souvent. Parmi ces pensées, il y en a une qui me met en colère et qui me pousse à vous le raconter aujourd’hui : je me sens coupable », avoue la femme de 49 ans. « J’essaie de chasser ce sentiment mais il me colle aux basques, parce que c’est comme ça qu’on nous élève, nous, les femmes. Le pauvre, je vais le mettre mal à l’aise. Le pauvre, il avait l’air si gêné. Le pauvre, ça va peut-être détruire sa vie », énumère-t-elle. Dans une réponse à un message, elle détaille cette rencontre il y a vingt ans qui lui a laissé l’amer regret d’avoir retiré la plainte déposée en même temps que ses amies parce que l’exhibitionniste est « arrivé dans l’immeuble avec deux policiers. Ils nous ont dit qu’il regrettait, qu’il voulait s’excuser. Qu’il venait d’arriver dans la région, qu’il était perdu ».

« Sans les affaires récentes, sans le féminisme qui est si souvent décrié mais qui m’éduque depuis des années, j’aurais fermé les yeux » sur cet épisode récent, dont son fils de 6 ans ne s’est pas rendu compte. Elle conclut son long et très utile message qu’en « l’écrivant ici, sait-on jamais, j’espère qu’une autre parlera la prochaine fois ». Salué par plus de 30 000 lecteurs, ce post l’a aussi été par les autrices Faïza Guène et Emma Green et la comédienne Alexandra Lamy.

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