« Ce ne sont pas des déchets mais une ressource précieuse » : Capillum, la start-up clermontoise qui recycle les cheveux, se lance dans la doudoune

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Dans l’ancienne usine Michelin de Cataroux, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), une matière première inattendue circule dans d’imposantes tuyauteries : des cheveux. Des tonnes de fibres capillaires, collectées partout en France et en Europe, destinées à un usage pour le moins… surprenant : le rembourrage de doudounes. Une première mondiale signée Capillum.

« On est partis d’un constat simple, résument Clément Baldellou et James Taylor, cofondateurs de la start-up. Aujourd’hui, un million de Français se font couper les cheveux chaque jour. Cela représente près de 4 000 tonnes de matière jetées chaque année. Pour nous, ce n’est pas un déchet, mais une ressource précieuse. Il faut juste trouver de bons débouchés. »

Depuis la création de Capillum en 2019, les deux jeunes associés ont créé une filière de recyclage des cheveux qui n’existait pas encore. Sept ans plus tard, plus de 6 000 salons de coiffure sont devenus partenaires, permettant à l’entreprise de collecter entre 15 et 20 tonnes de matière chaque mois, désormais centralisées dans son usine clermontoise.

Jusqu’ici, la jeune pousse s’était fait connaître avec ses tapis de paillage biodégradables à base de cheveux pour l’agriculture et la forêt, vendus dans les grandes enseignes de jardinage partout en France. « Nous en avons écoulé plus d’un demi-million en seulement sept mois et nous sommes devenus les numéros un des ventes de tapis de paillage », assure Capillum. Un marché rentable, qui a permis à l’entreprise de dépasser les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires et d’employer une vingtaine de salariés.

« Des produits qui ont du sens et qui sont économiquement viables »

Mais Capillum voit plus loin. Direction le monde du textile, l’une des industries les plus polluantes au monde. « L’idée est de créer, à partir du cheveu, des produits qui ont du sens et qui soient économiquement viables. La doudoune est un test grandeur nature. C’est le marché qui dira si l’on peut passer à l’échelle industrielle », poursuit Clément Baldellou.

Les premiers prototypes ont ainsi vu le jour : chauds, au design sobre, entièrement conçus en circuit court en Auvergne-Rhône-Alpes, du rembourrage à la confection. « On cherche de nouveaux marchés, on explore une matière encore très peu utilisée », expliquent les associés.

Après plusieurs mois de recherche et développement, toute une chaîne est désormais en train de se structurer localement autour de ce concept inédit. « L’idée, c’est de travailler avec des partenaires situés à moins d’une heure de Clermont-Ferrand », glissent les entrepreneurs clermontois.

Reste à savoir si ces doudounes en cheveux séduiront les consommateurs. Pour le vérifier, Capillum lance une campagne de précommandes sur la plate-forme Ulule. Objectif : valider le potentiel commercial. « Il nous faut en vendre au moins une centaine pour lancer la production industrielle », précise Clément Baldellou. Côté tarif, comptez 159 euros pour une version sans manches, et jusqu’à 199 euros pour une doudoune complète. Le prix à payer pour être à la pointe de l’originalité.

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