Par Le Figaro avec AFP
Le 15 avril 2026 à 20h08

L’un a reçu un avertissement et l’autre un blâme pour la «dégradation de biens patrimoniaux communs», selon la direction.
Passer la publicité Passer la publicitéDeux étudiants des Beaux-Arts de Paris ont été sanctionnés mercredi pour le collage d'affiches, une décision décidée selon eux en réaction à la peinture d'un drapeau palestinien sur les escaliers de l'école, ce que la direction conteste. L'un a reçu un avertissement et l'autre un blâme, selon la direction.
«Ce sont les sanctions les plus faibles prévues par le règlement intérieur, mais qui indiquent une volonté persistante de faire des exemples dans un contexte de mobilisation collective de l'ensemble des étudiants», a commenté l'avocate des étudiants, Me Prisca Ancion.
Ces deux étudiants ont été convoqués en conseil de discipline pour la «dégradation de biens patrimoniaux communs», causée par des affiches placardées «sur les murs de l'École à l'aide d'une colle qui ne permet pas leur retrait», selon la direction de l'établissement. «Certaines affiches présentaient par ailleurs un caractère injurieux», souligne-t-elle dans un message transmis à l'AFP.
«Action collective»
Selon le récit des étudiants, un drapeau palestinien a d'abord été peint en début d'année sur les contremarches d'un escalier lors d'une «action collective», que la direction a fait nettoyer rapidement. Puis en protestation, des étudiants ont collé des affiches, faisant notamment des jeux de mots avec le nom du directeur, Eric de Chassey, comme «chassey le naturel il revient au galop».
«On nous attaque pour des affiches, alors qu'on est étudiant dans une école d'art, on revendique notre liberté d'expression à travers des collages, des performances», a déclaré à l'AFP Raphaël, l'un des deux étudiants sanctionnés. Une cinquantaine d'étudiants, tenant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans tels que «soutenir la Palestine n'est pas un crime», se sont rassemblés mercredi devant l'école en soutien, a constaté l'AFP.
Selon la direction, la peinture du drapeau «n'a pas été effacée en raison de son contenu politique», mais «pour une raison strictement patrimoniale», l'escalier étant «classé monument historique, causant ainsi une dégradation d'un bien protégé». «La France reconnaît l'Etat palestinien et la direction de l'Ecole n'a aucune raison de se prononcer contre cette reconnaissance», a-t-elle ajouté.
La reconnaissance de l'État de Palestine par la France et plusieurs autres pays est intervenue en septembre dernier, près de deux ans après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023 en Israël. Cette reconnaissance s'inscrit aussi dans un contexte d'escalade, depuis le début la guerre à Gaza, de la violence de colons juifs contre les Palestiniens en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.

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