L'armée congolaise et le groupe politico-militaire AFC/M23 se sont mutuellement accusés d'exactions, lundi 24 août. Dans le même temps, une première mission régionale de vérification d'un fragile cessez-le-feu entre les belligérants s'est déployée dans l'est de la République démocratique du Congo.
L'est de la RD Congo est en proie à des conflits depuis plus de 30 ans. Le groupe armé antigouvernemental AFC/M23 s'y est emparé de vastes pans de territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis 2021, avec le soutien du Rwanda et son armée.
Un accord de paix signé en décembre entre la RD Congo et le Rwanda sous l'égide des États-Unis n'a pas mis fin aux combats.
Dimanche, le gouvernement suisse a annoncé dans un communiqué que Kinshasa et l'AFC/M23 se sont mis d'accord sur une feuille de route pour les pourparlers de paix, à l'issue de discussions tenues en Suisse.
Le texte mentionne également le prochain déploiement sur le terrain d'une structure régionale censée vérifier les violations d'un cessez-le-feu auquel les parties se sont engagées.
Ce "Mécanisme conjoint de vérification élargi" (MCVE+), composé de représentants de Kinshasa, du M23 et d'observateurs de pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), une organisation intergouvernementale regroupant 12 États de la région, a été initié en 2025 dans le cadre de négociations à Doha, sous médiation qatarie, entre le gouvernement congolais et le groupe armé.
Une délégation du MCVE+ est arrivée, lundi, à bord d'hélicoptères de l'ONU à Minembwe, localité située sur les hauts plateaux de la province du Sud-Kivu (est), théâtre d'affrontements intenses ces derniers mois, ont indiqué à l'AFP des sources onusienne et gouvernementale.
La mission se rendra également dans la cité lacustre d'Uvira, située dans la province du Sud-Kivu, dont le M23 s'est retiré en janvier, ainsi que dans le territoire de Kalehe, dans la même province, où des combats ont été signalés ces dernières semaines, a précisé à l'AFP le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi.
Ni les autorités de Kinshasa ni le M23 n'ont officiellement réagi à cette annonce à ce stade.
Nouveaux pourparlers
Plusieurs médiations internationales ont échoué à faire taire les armes dans l'est de la RD Congo, où une myriade de groupes armés sont actifs, et parfois utilisés comme relais par les belligérants.
Kinshasa et l'AFC/M23 s'étaient engagés en juillet 2025 à Doha, sous médiation qatarie, à un cessez-le-feu qui n'a jamais été vraiment respecté.
Les parties s'étaient accordées en avril pour faciliter l'aide humanitaire et libérer des prisonniers, à l'issue de pourparlers en Suisse, et un premier groupe de prisonniers a été remis à l'AFC/M23 par Kinshasa début août.
De nouveaux pourparlers se sont déroulés à huis clos en Suisse du 17 au 21 août, avec des représentants des États-Unis, du Qatar, de la Suisse, de la Commission de l'Union africaine et du Togo, faisant office de médiateur de l'Union africaine.
Les deux parties ont notamment convenu de mettre en place un "mécanisme chargé d'examiner les progrès accomplis et de relever les défis liés à la mise en œuvre des obligations et des engagements pris" à Doha, selon le communiqué du gouvernement suisse publié dimanche.
Mais lundi, Kinshasa a condamné dans un communiqué "les crimes et les graves violations des droits humains" commis par l'AFC/M23 dans les territoires sous son contrôle, l'accusant d'avoir tué "plus de 300 personnes" en juin et juillet.
Le porte-parole de l'AFC/M23 a de son côté accusé, lundi, sur X, les forces gouvernementales d'avoir lancé "une attaque meurtrière" à l'artillerie contre un village proche de Minembwe.
Les belligérants s'accusent régulièrement d'exactions et de violations du cessez-le-feu, des allégations souvent invérifiables par des sources indépendantes.
La localité de Minembwe, dont les abords sont âprement disputés depuis plusieurs mois, est particulièrement isolée et difficile d'accès pour les organisations internationales.
L'AFC/M23 a réduit au silence la plupart des voix dissidentes, des journalistes et des défenseurs des droits humains dans les zones sous son contrôle, selon plusieurs rapports d'ONG et d'experts onusiens.
Avec AFP












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