Endurance : Peugeot s’accroche à son rêve, Alpine prépare son départ

il y a 9 hour 1

Si Peugeot a réaffirmé son engagement jusqu’en 2029, Alpine quittera un championnat du monde en plein boom à la fin de la saison.

Près d’un mois après le report de la manche d’ouverture au Qatar en raison de la guerre au Moyen-Orient, le championnat du monde d’endurance (WEC) reprend ses droits avec les 6 Heures d’Imola, ce dimanche en Italie. Sur ses terres, Ferrari entamera la défense de ses deux couronnes mondiales, constructeurs et pilotes, dans un championnat en plein âge d’or malgré le retrait soudain de Porsche. Genesis, la marque premium de Hyundai, remplacera le géant allemand dans une meute mêlant Aston Martin, Toyota, Cadillac, BMW, Peugeot et Alpine. Huit constructeurs ! Un plateau royal qui s’étoffera encore en 2027 avec McLaren et Ford. Avec le retour de la marque américaine se profile, six décennies plus tard, un remake du mythique affrontement de 1966 aux 24 Heures du Mans face à Ferrari.

Alpine ne sera malheureusement pas de la partie pour ce futur duel au sommet. Le groupe Renault, propriétaire de la marque au A fléché, a annoncé la fin du programme en endurance à l’issue de la saison. Même sort pour Dacia, autre entité du groupe Renault, mais en rallye-raid. Une cure d’austérité générale qui doit permettre au groupe de « concentrer ses efforts » sur la Formule 1 dans un contexte économique difficile. « Les défis actuels de l’industrie automobile imposent à la marque de revoir ses ambitions initiales », avait justifié la direction quelques jours seulement avant de présenter son Hypercar, l’A424. Le timing de la nouvelle ne pouvait pas plus mal tomber. Ces adieux programmés ont fait l’effet d’une petite bombe même si la nomination au poste de directeur général du groupe Renault de François Provost à la place de Luca de Meo, il y a tout juste un an, n’augurait rien de bon. Le successeur de l’Italien n’était pas connu pour être un grand passionné de sports autos…

Ce ne sera pas une saison au rabais en se disant : “À quoi bon, tout va s’arrêter.” Les moyens n’ont pas changé et notre engagement non plus. On fera tout pour faire une bonne saison

Philippe Sinault, patron des « Alpinistes »

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La sanction est tombée alors qu’Alpine sortait d’une saison prometteuse avec une victoire fondatrice aux 6 Heures de Fuji, la première depuis le retour dans la catégorie reine de l’Hypercar en 2024. « On a vécu un moment difficile mais on a tourné la page. On ne cherche pas à comprendre quel a été le motif de la décision. On était déjà en ordre de marche au moment de l’apprendre et tout le travail réalisé pendant l’intersaison a été accompli sans connaître cette décision », confie au Figaro Philippe Sinault, le patron des « Alpinistes ». « Mais ce ne sera pas une saison au rabais en se disant : “À quoi bon, tout va s’arrêter.” Les moyens n’ont pas changé et notre engagement non plus. On fera tout pour faire une bonne saison », rassure-t-il. On peut croire le dirigeant sur parole : un mois avant ce coup d’arrêt, Sinault avait recruté le Français Victor Martins, pilote de développement chez Williams en Formule 1, pour remplacer Mick Schumacher, le fils de la légende allemande. Un sacré renfort.

Le Francilien de 24 ans retrouvera face à lui une vieille connaissance des circuits qui a, lui aussi, récemment frappé aux portes de la Formule 1 sans parvenir à forcer le verrou. Théo Pourchaire (22 ans) sera la nouvelle tête de gondole du projet Peugeot. Un signal fort de la part du Lion qui a réaffirmé son engagement dans la discipline jusqu’en 2029. Les voyants pour un maintien du programme viraient pourtant à l’orange. Depuis son retour en Hypercar, Peugeot, avant-dernier de la saison 2025, n’a toujours pas remporté la moindre victoire malgré une fin de championnat 2025 encourageante avec deux podiums à Austin et Fuji. Surtout, le groupe Stellantis, auquel Peugeot appartient, a annoncé l’an passé des pertes records de 22 milliards d’euros. Il aurait été facile de couper le robinet. Alain Favey, nouveau directeur de général de Peugeot depuis février 2025, a choisi de poursuivre l’aventure.

Peugeot engagé jusqu’en 2029

« Tous les matins, il y a des remises en question mais je suis là pour défendre la marque et faire en sorte que Peugeot fasse envie aujourd’hui, demain et après-demain. La participation au championnat du monde d’endurance est un excellent moyen de démontrer ce qu’on peut faire de notre marque », a soutenu le patron, présent en février pour la présentation de la 9X8 à Paris : une superbe livrée zébrée (ou de tigre blanc, c’est au choix, pour rester dans le thème animalier), noire, blanche et rouge.

« Il faut voir ce que ça donnera à la télé mais je trouve déjà que les couleurs sont sympas. Elles me parlent », s’enthousiasme Loïc Duval, un des pilotes du trio de la 9X8 n°94. Côté piste, le vainqueur des 24 Heures du Mans en 2013 avec Audi garde les pieds sur terre. Il faudra patienter jusqu’en 2027 pour voir débarquer la nouvelle Hypercar sur laquelle planchent les équipes à Satory depuis plusieurs mois. « Une bonne saison, ce serait une saison comme la deuxième partie de championnat 2025 en étant capable d’être dans le top 6 régulièrement », ajoute, prudent, le Chartrain de 43 ans.

« Peugeot est une marque légendaire aux 24 Heures du Mans. Je sais que les dernières années n’ont pas été simples, mais je sens que l’équipe veut tout faire pour regagner cette course que j’ai hâte de découvrir », confie de son côté Pourchaire, par ailleurs pilote de développement chez Mercedes F1 cette saison. « Le Mans, c’est magique ! J’ai des souvenirs où je me levais la nuit adolescent pour regarder. Cette course est unique au monde », ajoute le champion de Formule 2 en 2023. Le rendez-vous dans la Sarthe, troisième manche de la saison, est programmé les 13 et 14 juin prochains. Peugeot, qui n’a pas fait mieux que 8e (en 2023) depuis son retour dans la discipline, aura à cœur d’y briller. Il y a 100 ans, les Lionnes faisaient leurs premiers pas dans la plus grande course automobile du monde.

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