Le viti-pastoralisme, vous connaissez ? Samuel Berthonnaud, 34 ans, s’apprête à se lancer dans le grain bain. Des brebis paîtront dès novembre dans ses vignes cultivées en bio et en agroforesterie à Germignac, au cœur du vignoble réservé aux eaux-de-vie de cognac. Lui veut « gérer son herbe autrement qu’avec du glyphosate » et compte bien sur ce troupeau pour tondre ses parcelles à peu de frais.
Pour se lancer dans l’aventure, Samuel Berthonnaud pourra s’appuyer sur l’expérience engrangée par Denis Laroche, un autre viticulteur installé en bio et plus au sud de la Charente-Maritime, à Messac. Ce quinquagénaire pratique le viti-pastoralisme depuis 2020. « Et pas question de revenir en arrière », assure-t-il.
« Cela me simplifie la vie »
Ses 15 brebis et leurs agneaux lui rendent un fier service en entretenant deux parcelles de 1,8 ha chacune, entre Noël et début avril. « Cela me simplifie la vie : je n’ai pas besoin de faucher, le compost est fait. Je n’ai pas besoin d’acheter du foin l’été, mes autres prairies ont le temps de se régénérer. Et puis la viande est meilleure, les bêtes en meilleure santé », détaille Denis Laroche.
Seul inconvénient : l’installation de la clôture électrique qu’il faut déplacer de parcelle en parcelle : « Presque une journée de travail », relativise le quinquagénaire.

Ces arguments ont convaincu Samuel Berthonnaud en quête de solutions alternatives et écologiques. Ce trentenaire et Denis Laroche vont même bénéficier d’un coup de pouce sous la forme d’une « bourse de recherche à la ferme » (BRF) attribuée par l’association Pour une Agriculture du Vivant. Dotée d’une enveloppe de 73 000 euros, cette aide sera versée à six projets pour « soutenir l’expérimentation agroécologique » partout en France. Samuel Berthonnaud et Denis Laroche percevront 15 000 euros pour mieux comprendre les ressorts du viti-pastoralisme.
« Nous retrouvons simplement ce que faisaient nos anciens »
Parmi les questions en suspens : les brebis ont-elles un impact sur la qualité des moûts après vendange ? Appauvrissent-elles ou non les sols ? Accroissent-elles ou non les maladies de la vigne ? Comment allier pâturage et couverts végétaux ?
Les deux viticulteurs seront accompagnés par des techniciens pour mesurer au mieux leurs résultats. Les premières réponses tomberont d’ici 3 ans. Samuel Berthonnaud se lancera, lui, avec le concours d’une éleveuse, Jade Guetté, qui lui confiera un troupeau pour ratiboiser ses parcelles en hiver. Car, oui, les brebis raffolent de la vigne, de ses jeunes pousses et bourgeons.
« Le raisin aussi, mais seulement quand il est bien mûr », sourit Denis Laroche. Voilà pourquoi le viti-pastoralisme ne se pratique qu’en hiver, appétit des brebis oblige. « Nous retrouvons simplement ce que faisaient nos anciens », acquiescent les deux viticulteurs.











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