« Certes, j’ai acheté cette maison en connaissance de cause. Mais cela n’empêche pas d’appliquer le principe de précaution. Il est inscrit dans la loi alors j’aimerais bien avoir des réponses à mes questions. » Dans l’allée de sa propriété du quartier Oderfang, à Saint-Avold (Moselle), Romain Bourson ne se départit nullement de sa courtoisie naturelle ni de son inclination à écouter autrui.
Ne pas se méprendre pour autant : cet homme de 47 ans a, pour le moins, de la suite dans les idées. D’ici quelques jours, il devrait frapper à la porte du maire fraîchement élu de Saint-Avold. Avec, dans la poche, une pétition signée par plus d’une centaine de propriétaires de trois quartiers de la ville du bassin houiller. Ce qu’ont en commun ces riverains des lotissements de « La Clairière », de la « Rue de l’Ermitage » et du « Pré-fleuri », c’est la ligne à haute tension qui traverse leur paysage, destinée à alimenter la centrale thermique à charbon Emile-Huchet, quelques kilomètres plus loin.
Au début des années 2000, cet enseignant dans un établissement du Luxembourg, avait déjà bataillé avec EDF pendant trois ans. Avec succès : une ligne à basse tension (20 000 volts) surplombant un lotissement où il était propriétaire, avait disparu au-dessus des toits pour être enfouie. Désormais, Romain Bourson milite pour que la ligne à haute tension (63 000 volts) du quartier Oderfang fasse à son tour l’objet d’une étude et d’une réflexion.
« Il y a des possibilités d’enfouissement ou de déplacement. Peut-être par exemple à proximité d’une ligne à très haute tension dans la forêt voisine », suggère Romain Bourson. L’enseignant, géographe de profession, alerte sur les soupçons d’impact de la ligne sur la santé des populations, d’avantage encore que sur ses méfaits esthétiques, avec ces pylônes dressés vers les hauteurs et ces fils électriques qui coupent l’horizon.
« Plusieurs rapports scientifiques et recommandations institutionnelles invitent à la prudence », a-t-il écrit à RTE qui assure la distribution du réseau. Il rappelle que le principe de précaution « inscrit à l’article 5 de la Charte de l’environnement de 2004 ayant valeur constitutionnelle en droit français, invite à prendre en considération les risques potentiels pour la santé et l’environnement, même en l’absence de certitudes scientifiques absolues ».
« Quand une personne se sèche les cheveux, elle est beaucoup plus exposée », assure RTE
Propriétaire de l’ancienne maison forestière de la cité naborienne, Romain Bourson lorgne l’horizon et les activités sociales concernées par la ligne à haute tension. Par exemple le centre équestre et un centre aéré. « Sachant que le tiers des factures électriques est consacré à la distribution de l’énergie, la moindre des choses serait qu’on étudie ma démarche », sourit-il.
Reste que le déplacement ou l’enfouissement des lignes controversées s’avérerait (très) coûteux. « Quand une personne se sèche les cheveux, elle est beaucoup plus exposée que lorsqu’une ligne de 400 000 volts passe à proximité », répond RTE dans les colonnes du Républicain Lorrain. L’organisme y promet de futurs « échanges » avec le quadragénaire, estimant cependant les potentielles nuisances électromagnétiques « largement inférieures » aux limites réglementaires,











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