« J’en appelle à la générosité des gens » : le cri du cœur d’une maraîchère bio pour sortir la tête de l’eau

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Ses galères ont débuté avec les tempêtes successives de l’hiver dernier. « Mes plants ont beaucoup souffert et les conditions de travail étaient très compliquées », témoigne Marine Gabarrou, maraîchère en agriculture biologique installée depuis juillet 2023 près de Saintes (Charente-Maritime). Ses champs de légumes se situent précisément à Corme-Royal, à une dizaine de kilomètres de son domicile de Nieul-les-Saintes. Puis le fort épisode neigeux de début janvier a « amplifié le tout », poursuit cette femme de 31 ans, qui travaille seule sur son exploitation.

Ensuite, comme beaucoup d’agriculteurs, ce sont les inondations conséquentes de février qui l’ont mise en difficulté. « J’avais de l’eau partout, même dans mes serres. Mon activité s’est développée à la fin de l’automne mais j’ai eu du mal à satisfaire mes clients cet hiver. Je n’avais plus rien de vendable dans les champs », soupire la professionnelle qui commercialise sa production en vente directe par un système de « drive fermier » avec des paniers composés par ses clients.

Une parcelle mal catégorisée et l’aide s’envole

Puis c’est une erreur administrative qui la prive d’une partie de l’aide annuelle PAC (Politique agricole commune) petit maraîchage. « J’ai déclaré une parcelle cultivée alors qu’elle ne l’était pas. J’allais la cultiver mais comme le terrain et les conditions étaient compliquées, je ne l’ai finalement pas fait. En octobre dernier, un contrôleur m’a précisé que ça ne modifierait pas cette aide car pour la toucher il faut que l’exploitation fasse plus de 0,5 ha mais moins de 3 ha et cette parcelle n’y changeait rien. En fait si, puisque je devais toucher 1 800 euros en mars que je n’aurais pas. C’est de ma faute à la base, je le reconnais, mais si le contrôleur m’avait averti j’aurais changé la catégorie de ma parcelle », explique l’agricultrice.

« Ce qui la pénalise c’est qu’avec cette déclaration elle se retrouve avec deux-tiers de surface en maraîchage et un tiers en prairies. L’aide PAC est donc valorisée à zéro », confirme la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) Charente-Maritime par la voix de son directeur Xavier Aerts.

« C’est un mois où nous avons beaucoup de factures à payer »

« Je suis passée de 30 % à 33 % de surface cultivée. C’est un manque de connaissances de ma part », admet Marine Gabarrou, qui a lancé une cagnotte en ligne à la fin du mois de mars. « C’est un mois où nous avons beaucoup de factures à payer : semences, plants, cotisations, etc. J’en appelle à la générosité des gens pour espérer avoir à faire un crédit moins important auprès de la banque », confie-t-elle.

Pour couronner le tout, elle a appris dans la foulée que sa motobineuse, en panne, ne peut pas être réparée. « C’est difficile en ce moment mais je reste motivée. Ça m’aide à avancer pour produire mieux », conclut la maraîchère.

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