LE PARISIEN WEEK-END. Nous avons suivi le collectif post-punk, dont les chanteurs sont neuroatypiques, lors d’un concert à Genève (Suisse). Une expérience unique auprès d’un groupe plein de lyrisme et de fougue, qui perçoit le monde différemment.

Par Gwénaëlle Loaëcenvoyée spéciale à Genève (Suisse) 

Les membres du groupe Astéréotypie, Éric Tafani, Stanislas Carmont, Christophe L’Huillier, Claire Ottaway, Arthur B. Gillette (au sol), Benoît Guivarch et Yohann Goetzmann (de g. à dr.), le 21 mars à Genève (Suisse). François Wavre | Lundi13

Les membres du groupe Astéréotypie, Éric Tafani, Stanislas Carmont, Christophe L’Huillier, Claire Ottaway, Arthur B. Gillette (au sol), Benoît Guivarch et Yohann Goetzmann (de g. à dr.), le 21 mars à Genève (Suisse). François Wavre | Lundi13

« Ce qui me met en colère/C’est quand les gens se moquent de moi. » Avec cette parole déclamée a cappella, Stanislas Carmont, 27 ans, transperce le cœur du public genevois, en Suisse, venu se déhancher, ce samedi 21 mars, sur la musique post-punk des Français d’Astéréotypie. Il est l’un des quatre poètes et chanteurs de ce collectif, avec Claire Ottaway, 35 ans, Yohann Goetzmann, 33 ans, et Aurélien Lobjoit, 30 ans, absent ce soir-là. Comme eux, il est neuroatypique. Des musiciens de haut vol les accompagnent.

Un premier son de batterie, suivi de riffs de guitare cinglants et Stanislas, porté par des notes hyperpuissantes, poursuit : « J’en ai marre qu’on me crie dessus pour rien/Juste parce que je me décortique le nez/J’en ai marre, c’est nul/C’est dégoûtant, je l’accorde/Mais c’est tellement pas important. » Il martèle ces mots plus qu’il ne les chante. Se place en bord de scène. Saute partout. Invective l’auditoire. Sa rage est libératrice, son humour, désarmant, son énergie, communicative.