Loin de se contenter d’empiler les phrases convenues et les compliments de circonstance, Patrick Lefevere a livré un hommage tout en nuances à Julian Alaphilippe. L’ancien patron de l’équipe Soudal Quick-Step a écrit une chronique sincère consacrée au tout frais retraité dans les colonnes de Nieuwsblad.
Vendredi dernier, « Alaf’ » a officiellement annoncé la fin de sa carrière à 34 ans. Selon Lefevere, il était temps. Le Belge de 71 ans considère que l’attaque du Français à Montmartre lors de la dernière étape du Tour de France 2026 offrait un solide résumé du crépuscule de sa vie de cycliste professionnel. Il a ainsi parlé d’une offensive « mal synchronisée, peu convaincante, rapidement rattrapée ». « On le sentait et on le voyait à travers tout : c’est fini », a-t-il écrit.
Les relations n’ont pas toujours été fluides entre les deux hommes, en particulier en raison des sorties dans la presse du Flamand, prompt à critiquer les soirées Alaphilippe ou à pointer ses larges émoluments lorsque les résultats ne suivaient plus.
« Une place spéciale dans mon cœur »
Malgré tout, ensemble, ils ont construit un palmarès immense tout au long de leurs dix années communes au cœur de l’écurie belge. La saison 2019 et cette 5e place sur le Tour de France ont constitué l’un des sommets de la carrière du natif de Saint-Amand-Montrond. « Le moteur a dû tourner trop à fond à l’époque, malgré toutes les victoires qui ont suivi. Physiquement et mentalement, ce Tour lui a coûté trop cher », a toutefois estimé Lefevere.
Ce dernier se rappelle de « beaucoup de belles choses, parfois des choses moins belles et parfois des choses désagréables » qu’il ne racontera « pas dans le journal ». « Mais il occupe une place spéciale dans mon cœur et moi – je pense – aussi dans le sien. Il savait que je lui disais la vérité. Je parlais sans arrière-pensée, sans intention cachée. Quand on est l’un des meilleurs coureurs du monde, on a peu de personnes comme ça dans sa vie », a-t-il poursuivi.
« Julian est le coureur pour qui j’ai le plus été un second père, a même lâché l’ex-directeur général de l’équipe belge. Plus qu’avec n’importe quel autre coureur, j’ai le sentiment d’avoir joué un rôle dans la vie de Julian. » Lefevere précise tout de même qu’« Alaf’ » a « tout fait tout seul ».
Il a également glissé une anecdote sur l’amitié entre le double champion du monde (2020 et 2021) et son ancien équipier Bob Jungels, deux hommes « trop beaux pour être coureurs ». « Nous les avons souvent délibérément séparés sur des programmes différents, a écrit Lefevere. Ce sont tous les deux des fêtards, et moi aussi, bien sûr. C’était souvent une stratégie délibérée : quand Bob ou Julian gagnaient, c’est moi qui organisais la fête. Comme ça, je savais au moins ce qui se passait et quand ça s’arrêtait. »









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