« C’est leur histoire à tous les deux, confie Simon Boublil. Avant le tournage, Éric et Olivier m’ont raconté plein de moments de leur adolescence pour que je comprenne qui ils étaient. » Dans « Juste une illusion » d’Éric Toledano et Olivier Nakache, le jeune comédien aujourd’hui âgé de 14 ans incarne « un mélange des deux » réalisateurs, à l’âge de 13 ans. Soit Vincent, un gamin de la banlieue parisienne qui grandit entre son frère aîné et des parents aimants mais en conflit permanent.
Pour leur neuvième film, les cinéastes d’« Intouchables », « Le Sens de la fête » ou « Hors normes » ont donc choisi de replonger dans leur adolescence. Toledano a grandi à Versailles (Yvelines), entre un père énarque et une mère secrétaire. Nakache, lui, est né deux ans plus tard dans une cité HLM de Puteaux (Hauts-de-Seine), d’un père directeur informatique et d’une mère assistante comptable. Nourri de situations autobiographiques, « Juste une illusion » emprunte à leurs deux parcours, à leurs deux familles et à leurs deux caractères.
Une immersion dans les années 80
Les réalisateurs font revivre les années 80 à travers des décors (papiers peints à motifs, doudounes Chevignon, parfum Kouros, moustaches, vidéoclubs…) et des références (les divertissements de Michel Drucker, la photo de Mitterrand et Helmut Kohl main dans la main, la manifestation de SOS Racisme, la peur du chômage de masse, l’arrivée de l’ordinateur domestique…). Aussi, le long-métrage dessine avec une infinie tendresse les montagnes russes émotionnelles de l’adolescence, sa fougue et ses vertiges.
À travers les mille nuances de son regard clair, Simon Boublil raconte les premiers émois amoureux, les questionnements identitaires et les angoisses existentielles de Vincent. Le film parle d’Éric Toledano et Olivier Nakache, des ados des années 80, mais aussi de tous les adolescents qui, un jour, perdent l’illusion que leurs parents sont parfaits pour se jeter à corps perdu dans une autre illusion : celle qu’ils vont pouvoir changer le monde.
Autour de Simon Boublil, le duo de cinéastes a réuni des acteurs avec lesquels ils n’avaient jamais travaillé : Camille Cottin, délicate et explosive dans le rôle d’une mère secrétaire en pleine ascension professionnelle, Pierre Lottin, gardien d’immeuble aussi sympathique qu’envahissant, et Louis Garrel, drôle comme jamais dans la peau de ce père désorienté, parfois complètement à côté de la plaque.
Extrêmement drôle, « Juste une illusion » est une comédie généreuse, incroyablement touchante, une chronique plus qu’un récit linéaire avec du suspense et un dénouement. Un long-métrage marquant qui laisse, longtemps après qu’on l’a vu, un délicieux goût de nostalgie.
La note de la rédaction :
4.5/5
« Juste une illusion », comédie française d’Éric Toledano et Olivier Nakache. Avec Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin, Simon Boublil... 1h56.











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