La leçon est d’autant plus douloureuse qu’elle est donnée à domicile. Début avril, à deux pas des Champs-Élysées, le groupe Chery – premier exportateur automobile chinois et maison mère des marques Omoda et Jaecoo – fête son lancement dans l’Hexagone. Le clou du spectacle ? Un défilé de robots zigzagant en musique au milieu du public, médusé. Le patron, Yin Tongyue, savoure la scène. Interrogé sur l’avenir de l’industrie automobile, il sourit modestement : "Notre objectif n’est pas de gagner, juste d’apporter notre contribution". Chaque mot est pesé, jusqu'à parler des "professeurs européens" qui l'ont inspiré. Subtile façon de remuer le couteau dans une plaie béante : quelques décennies plus tôt, l'Allemand Volkswagen ou encore le Français Citroën étaient partis à l'assaut du marché chinois. La roue tourne.

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