La Russie menace de frapper les usines européennes produisant des drones pour l'Ukraine

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Moscou menace cette fois de s’en prendre directement aux nations européennes. Mercredi 15 avril, le ministère de la Défense russe a publié une déclaration menaçante assortie d’une liste d’usines produisant des drones ou composants de drones destinés à l’Ukraine, implantées au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark, en Lettonie, en Lituanie, aux Pays-Bas, en Pologne et en République tchèque, ainsi que des sites de fabrication de composants en Espagne, en Italie, en République tchèque, en Israël et en Turquie. L’ancien président russe Dmitri Medvedev, aujourd’hui vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, a ensuite précisé sur X que la liste publiée par l’armée équivalait à "une liste de cibles potentielles" pour les forces armées russes.

Du point de vue de Moscou, les gouvernements européens qui permettent l’accroissement de la production de drones en Ukraine en accueillant ces usines provoquent volontairement une escalade du conflit. "Le public européen doit non seulement comprendre les véritables causes des menaces pesant sur sa sécurité, mais aussi être informé des adresses et des emplacements des entreprises ukrainiennes et conjointes produisant des drones et des composants pour Kiev sur son propre territoire", précise la déclaration.

"Le moment où des frappes deviendront une réalité dépend de ce qui se passera ensuite. Dormez bien, partenaires européens !", a commenté Dmitri Medvedev. Ce dernier a déjà fait à plusieurs reprises des déclarations menaçantes à l’égard des pays européens en raison de leur soutien à l’Ukraine. En juillet dernier, il encourageait par exemple à effectuer des "frappes préventives" contre l’Occident.

De nouveaux "drone deals" signés avec l’Allemagne, l’Italie, la Norvège…

A l'origine de ce coup de sang de Moscou, une volonté des pays européens déjà engagés en faveur d’un soutien militaire à l’Ukraine qui ne faiblit pas. Ils sont même plusieurs à avoir annoncé de nouveaux projets de co-production militaire ces dernières 48 heures, à l’occasion d’une tournée en Europe de Volodymyr Zelensky qui cherchait justement à obtenir des fournitures militaires et des partenariats en matière de défense. La stratégie s’avère payante : en deux jours, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège ainsi que l’Italie ont annoncé renforcer leur coopération industrielle avec Kiev autour de la production de drones.

Mercredi 14 avril, le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé que son pays avait conclu un accord structurant avec l’Ukraine, prévoyant la création d’une coentreprise pour produire des milliers de drones, accompagné d’investissements de plusieurs centaines de millions d’euros et d’un volet consacré aux capacités de frappe en profondeur. Les Pays-Bas ont débloqué 248 millions d’euros pour financer une production répartie entre leur territoire et l’Ukraine, tandis que le nouvel accord avec la Norvège prévoit de combiner soutien à la production en Ukraine, fabrication sur son sol et échange de données et de savoir-faire avec les acteurs ukrainiens.

L’Italie a elle aussi affirmé être intéressée par une coproduction avec l’Ukraine. "Soutenir l’Ukraine est un devoir moral, mais aussi une nécessité stratégique. La sécurité de l’Europe est en jeu", a déclaré Giorgia Meloni, ajoutant qu’il s’agit d’un "secteur dans lequel nous savons que l’Ukraine est devenue une nation leader ces dernières années".

Lors d’une conférence de presse à Rome, Volodymyr Zelensky a détaillé la stratégie industrielle qu’il déploie avec ses partenaires européens. "Nous avons mis au point un paquet particulier, que nous appelons le format "Drone Deal". Il s’agit de notre expérience militaire, de nos capacités défensives en matière de drones, de missiles, de guerre électronique et d’échange de données. Nous proposons de combiner tout cela avec les capacités de nos partenaires", a expliqué le président ukrainien, faisant peser de tout son poids le savoir-faire industriel et militaire acquis de force par son pays au cours de ces quatre dernières années.

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