DÉCRYPTAGE - Tombeur du Real Madrid en quarts de finale de Ligue des champions, le FC Bayern Munich se dressera sur la route du PSG en demies. La bataille des chefs.
Le test ultime. 24 heures après sa qualification à Liverpool (0-2, 0-2), mardi, le PSG est fixé sur son sort et connaît l’identité de son adversaire en demi-finales de Ligue des champions. Ce sera le Bayern, tombeur du Real Madrid (2-1, 4-3) en quarts. «Je regarderai le match retour tranquillement Paris, avec une bière», s’amusait Luis Enrique, mardi, en conférence de presse, se gardant bien de donner une préférence. «À chaque fois que j’ai une préférence, on joue l’autre équipe», souriait-il encore face aux journalistes.
«Le plus dur reste à faire», devinait «Kvara». Tout juste. Après Monaco, Chelsea et donc les Reds, des équipes qui ne sont pas dans une saison rayonnante, les champions d’Europe vont se frotter à ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle en Europe, une équipe en forme, des individualités au top, une machine collective au moins aussi bien huilée que la leur: le Bayern.
Démonstration bavaroise
Et les Parisiens sont bien placés pour savoir que les joueurs de Vincent Kompany représentent une vraie menace. «Il n’y a pas beaucoup d’équipes qui peuvent être dominantes contre le PSG et générer autant d’occasions», soulignait Arne Slot mardi soir. C’est vrai. Mais les Bavarois ont encore plus dominé Paris que Liverpool l’a fait mardi. C’était le 4 novembre dernier, au Parc des Princes, en phase de ligue. Le Bayern l’avait emporté 2-1 sur les bords de la Seine. Certes, il est bien juste de constater que le PSG aurait pu/dû arracher le nul avec plus de réussite. Mais ce n’est que parce que les visiteurs avaient joué toute la seconde période en infériorité numérique, après l’attentat de Luis Diaz sur Achraf Hakimi, gravement touché à la cheville et qui en avait d’ailleurs été quitte pour plusieurs semaines d’indisponibilité. «Maintenant, je me sens bien, à 100%, et je suis content de mon niveau actuel», soufflait le Marocain avant Liverpool.
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Lors du premier acte, à 11 contre 11, il n’y avait toutefois pas eu photo. Démonstration de force du Bayern. À l’époque, en amont, Vitinha avait parlé d’une affiche entre «les deux meilleures équipes d’Europe». Le verdict était sans appel… Le score à la pause (0-2 MT), avec deux buts de Luis Diaz pour les hommes de Vincent Kompany, était très flatteur pour les Parisiens.
On est capables de tout, on doit croire en nous, on peut faire de très belles choses ensemble.
Khvicha KvaratskheliaDepuis, de l’eau a coulé sous les ponts : si le Bayern a poursuivi sur sa lancée, que ce soit en coupe d’Europe (2e au classement de la phase de ligue avant d’écarter l’Atalanta et le Real) ou en Bundesliga (1er au classement avec 12 points d’avance sur Dortmund et 105 buts marqués, un record), les Parisiens, eux, ont retrouvé de leur superbe après leur qualification douloureuse face à Monaco (3-2, 2-2). Comme on l’a vu face à Liverpool, ils sont en confiance, forts de leur expérience de l’année passée, aussi bien capables de dominer que de braquer en contre. «On a déjà souvent montré qu’on a un gros mental, on est une équipe forte. On doit continuer comme ça. Battre Liverpool à Anfield, ce n’est pas simple… On est capables de tout, on doit croire en nous, on peut faire de très belles choses ensemble», martèle Khvicha Kvaratskhelia.
En clair, tout est réuni pour que les deux équipes offrent à la planète football une double confrontation de haute volée, un grand spectacle et une vraie fête du ballon rond. Kompany et Luis Enrique partagent en effet les mêmes valeurs, celles du jeu, du collectif et du plaisir. Un choc XXL en vue. D’ailleurs, les dernières confrontations ont souvent donné lieu à des rencontres très accrochées, à l’image de la victoire surréaliste du PSG (2-0) l’été dernier, à neuf contre onze, en quarts de finale du Mondial des clubs, aux États-Unis. Un match lors duquel Jamal Musiala avait été gravement blessé, sur un contact avec Gigio Donnarumma. Depuis, l’international allemand a repris.
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PSG-Bayern, un goût de classique
On ne déroulera toutefois pas ici l’intégralité des matchs qui ont opposé les deux clubs. Trop long. Le Bayern, c’est l’adversaire que le PSG a le plus affronté dans les compétitions internationales, à égalité avec le FC Barcelone (16 matchs). Sept victoires parisiennes à neuf, aucun match nul. De bons, et de moins bons souvenirs, à l’image de la défaite 0-1 en finale de Ligue des champions, en 2020, à Lisbonne, sur un but de l’ancien titi Kingsley Coman.
Lequel Coman est parti vers d’autres cieux. Le «Rekordmeister» ne manque toutefois pas de ressources et de talents, à commencer par les cadors que sont Harry Kane et Manuel Neuer. Et il y a les Français, notamment Dayot Upamecano, brillant lors du match de novembre dernier au Parc, mais aussi et surtout Michael Olise, qui réalise une saison tout simplement incroyable. Les chiffres parlent pour l’ancien de Crystal Palace, avec 17 buts et 29 passes décisives (46 matchs). Ils ne disent pas tout de sa classe et de ses qualités.
«Franchement, ce ne sera pas facile, prévient Upamecano. C’est une très bonne équipe, un super coach. Ça joue au football. On les a battus ? Oui… mais c’est une très bonne équipe. On sait à quoi s’attendre. On fera tout pour gagner là-bas à l’aller avant de les recevoir. (...) Il faudra bien se préparer parce que c’est une super équipe et on s’attend à un très gros match», martèle le natif d’Évreux, qui retrouvera par ailleurs un joueur avec qui il a grandi et qu’il connaît depuis l’école primaire, Ousmane Dembélé. «C’est juste incroyable… Je pense que tous les gens d’Évreux seront là (sourire). Je vais devoir commander beaucoup de places ! Ce sera un très bon duel», glisse-t-il.
On a la meilleure équipe du monde.
Nasser Al-KhelaïfiUne fête du football, donc, et la finale avant la lettre ? Il n’est pas ici question de manquer de respect à l’Atlético Madrid, tombeur du Barça, ou Arsenal, qualifié face au Sporting, qui s’affronteront pour l’autre billet pour Budapest, théâtre de la finale, le 30 mai prochain. Mais le favori, ce sera le vainqueur de PSG-Bayern. Ça ne garantit en rien le sacre au futur vainqueur, mais celui-ci aurait sans doute fait le plus dur en franchissant le cap des demi-finales.
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«C’est un accomplissement incroyable. Mais on doit rester humbles et ne penser qu’à la prochaine étape, au prochain match, et ne pas voir trop loin», jurait Nasser Al-Khelaïfi mardi, sur CBS, se réjouissant de constater que «la star, c’est l’équipe» au Paris Saint-Germain. «On a la meilleure équipe du monde», s’est-il ensuite enflammé. Charge à Luis Enrique et ses joueurs d’assumer ce statut face au Bayern Munich, en demies, et plus si affinités.
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