Le plus vieux fossile de pieuvre au monde n’est pas celui que l’on croyait

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Dans les romans, les vieilles dames surprennent toujours et dans le monde des fossiles, Pohlsepia mazonensis ne fait pas exception à cette règle. Ce qui était connu comme le plus ancien fossile de pieuvre au monde, âgé de 328 millions d’années, n’est pas la trace d’un octopode et ne peut donc attester que les pieuvres existaient sur Terre il y a plus de 300 millions d’années.

Une étude publiée mercredi dans la revue Proceedings of the Royal Society atteste de la « réévaluation complète de ce fossile énigmatique » nommé Pohlsepia mazonensis. Il a été découvert en 2000 par un certain James Pohl sur le site de Mazon Creek, d’où son nom double. Mazon Creek se trouve juste au sud de Chicago (Illinois), il s’agit d’un delta qui était il y a bien longtemps un océan intérieur, à l’ère du Carbonifère, celle où les gisements de charbon naturel se sont formés.

Depuis 2000, la science doutait de cette empreinte parce que la plus ancienne pieuvre connue à ce jour remonte à environ 155 millions d’années, moitié moins que l’âge de Pohlsepia mazonensis.

Une technique de « rayons X »

Une équipe de chercheurs de l’université de Reading, en Angleterre, a voulu réétudier l’ancestrale empreinte, conservée au Field Museum of Natural History de Chicago. Ils ont d’abord utilisé un microscope électronique à balayage, puis procédé à des analyses géochimiques, mais « nous n’avancions pas », a avoué à CNN Thomas Clements, maître de conférences en zoologie des invertébrés à Reading et auteur principal de l’étude.

Le nautile Pohlsepia mazonensis passé au synchrotron n'est pas une pieuvre.

Le nautile Pohlsepia mazonensis passé au synchrotron n'est pas une pieuvre.

L’idée est alors venue de « scanner » le fossile à l’aide d’un rayonnement synchrotron, une technique décrite comme utilisant des faisceaux lumineux plus brillants que le soleil. Cette technique « génère les rayons X les plus puissants au monde », assure le zoologiste, ravi de dépoussiérer la paléontologie en démontrant l’intérêt d’utiliser des technologies récentes.

Les rayons ont révélé « une radula », un ruban de dents généralement placé sur le palais. Au moins 11 dents par rangée, alors que les pieuvres n’en possèdent que sept ou neuf. « Le nombre et la morphologie des dents radulaires indiquent que Pohlsepia n’est pas un octobrachien primitif, mais plutôt un nautiloïde décomposé », dit l’étude.

« Ces minuscules dents que nous avons trouvées nous ont permis d’identifier qu’il ne s’agissait pas d’une pieuvre », poursuit Clements, « mais en réalité d’un nautiloïde très décomposé, un parent des nautiles modernes ». Le nautile s’est décomposé pendant des semaines avant d’être enterré dans les grès de Mazon Creek, ce qui a donné à son fossile une apparence semblable à celle d’une pieuvre.

« Ce calendrier s’aligne bien avec les premières preuves fossiles sans équivoque d’octopodes à couronne du Jurassique supérieur », conclut-il dans l’étude.

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