Le Stade de Reims dénonce « une escalade des comportements violents et inappropriés » de ses supporters ultras

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Il fait beau et pas trop chaud à Reims (Marne), en cette matinée du mercredi 15 avril : une température idéale pour jouer au foot ou regarder les autres le faire. Une centaine de personnes a donc fait le déplacement, au centre de vie Raymond-Kopa, pour assister à l’entraînement des joueurs du Stade de Reims. Dont beaucoup d’enfants inscrits en stage de foot à l’occasion des vacances de printemps.

Sous un beau soleil et dans une ambiance bon enfant, le club champenois, actuel cinquième du championnat de Ligue 2, prépare une rencontre décisive face au Red Star (4e). Un contraste saisissant avec les événements récents qui « ont profondément choqué l’ensemble du club », selon un communiqué publié la veille par le Stade de Reims.

« Intimidations, propos racistes et menaces de mort »

Le club champenois explique que, dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 avril, après le match nul à Laval (2-2), « des individus se revendiquant Ultrem (le groupe de supporters ultras), pour certains cagoulés et munis d’armes par destination, se sont introduits dans [le] centre de vie Raymond-Kopa pour y attendre l’équipe ». « Nous assistons à une escalade des comportements violents et inappropriés. La ligne rouge a été franchie », dénonce le club.

Une affirmation corroborée par le parquet de Reims, qui a expliqué : « Les forces de police sont intervenues pour sécuriser le retour du bus puisque 20 supporters mécontents se trouvaient sur place pour attendre les joueurs. » Le club évoque même des intimidations, des propos racistes et des menaces de mort et a annoncé son intention d’engager des procédures judiciaires. « Nous refusons de minimiser ces événements et de courir le risque qu’un drame arrive. Nous voulons protéger nos salariés, nos joueurs », peut-on lire également.

Un incident minimisé par les Ultrem, qui avaient eux aussi publié un communiqué, dimanche 12 avril. « On peut souvent pointer du doigt notre comportement ou nos propos, mais ce soir-là, nous voulions mettre les joueurs face à leurs responsabilités. Nous avons eu affaire à des bandits, des voyous. Si certains joueurs ont fait preuve d’une maturité respectable, d’autres, par leurs propos et leurs comportements, ne méritent plus de porter la tunique de notre club fanion », selon les ultras.

« Nous voulions mettre les joueurs face à leurs responsabilités »

Quelques jours plus tard, les jeunes présents à l’entraînement semblent bien loin de ces considérations : « Il n’est pas là, Ito ? », demande un petit à son copain. Et pour cause : la star japonaise a été transférée en Belgique il y a plus de huit mois… Quelques adultes acceptent de commenter l’actualité. « Les supporters veulent faire comprendre aux joueurs qu’ils en attendent plus, car avec cet effectif, les résultats sont décevants, estime Léo, 26 ans, éducateur du Vitry FC. Mais ils sont peut-être allés trop loin. » Un constat partagé par Thierry, 70 ans, et par son petit-fils Loucas, qui l’accompagne. À 13 ans, l’adolescent a un constat lucide : « Ce n’est que du foot, pas besoin d’en arriver là… ». Difficile de lui donner tort.

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