« Les phoques aussi ont besoin de repos » : d’étranges périmètres de sécurité sur la plage de Fort-Mahon

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Les promeneurs sur la longue plage de Fort-Mahon, une station balnéaire de la côte picarde, ne devront pas s’étonner s’ils tombent sur une drôle d’installation. Des piquets et des cordes sur trois côtés, comme pour un périmètre de sécurité : il s’agit en fait d’un « îlot de tranquillité. Il faut dire que la baie de Somme abrite la plus importante colonie de ces animaux en France : 600 phoques veaux-marins et 550 phoques gris.

Une dizaine de fois par an, il arrive donc qu’un phoque soit observé sur la plage de Fort-Mahon. « La Majorité du temps, ils se reposent quelques heures comme cela a été le cas à Ambleteuse dimanche dernier, explique Sarah Monnet, chargée de mission mammifères à Picardie Nature. Mais il se peut aussi que ce soit un petit, un individu malade. Dans tous les cas, il ne faut pas s’approcher. Un phoque peut mordre et transmettre des bactéries, des virus et des parasites à un chien. »

D’où l’idée de ces « îlots de tranquillité », distants de 50 m. Dès qu’un phoque est repéré, chacun est invité à contacter l’observatoire Pelagis afin que leurs référents locaux se rendent au plus vite sur place puis que les agents municipaux dressent ce « cordon de sécurité ». Fort-Mahon-Plage est la première commune des Hauts-de-France à entrer dans cette démarche innovante financée par le programme européen Life Espèces Marines Mobiles et relayée par le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.

Une espèce protégée mais pas menacée

Même s’il n’est pas menacé, le phoque, symbole incontesté de la baie de Somme, reste protégé : « Il faut éduquer les gens qui ne comprennent pas qu’ils puissent avoir besoin de se reposer et qui vont vers eux, parfois avec un chien. Et il y a un gros boulot à faire », estime Alain Baillet, le maire de Fort-Mahon.

Le programme prévoit également des opérations de sensibilisation dans les écoles et auprès du grand public. Une amende allant jusqu’à 750 euros peut être dressée à ceux qui dérangent les phoques. La démarche a été lancée en 2020 par le groupe mammalogique normand. Quinze communes l’ont déjà rejointe.

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