La date est toujours marquée d'une pierre blanche à Tallinn. Le 27 avril 2007, l'Estonie subit de plein fouet une cyberattaque massive, la première de son histoire. Les sites des principales banques du pays tombent, comme ceux des médias et de certaines agences gouvernementales. Certains restent inaccessibles pendant plusieurs jours. Le coupable est désigné peu de temps après : la Russie. Moscou est accusée d'avoir lancé les cyberattaques en représailles, après le déplacement d'une statue d'un soldat soviétique, symbole de la Seconde guerre mondiale.

Aujourd'hui, la menace que fait planer la Russie sur l'Estonie est toujours aussi vive. Tant sur le plan physique - Moscou a été accusée de déplacer en 2024 des bouées marquant la frontière lacustre entre les deux pays - que sur le plan cyber. Chef de l'Estonian Information System Authority, équivalent de l'Anssi, Joonas Heiter est l'un de ceux qui la mesure le mieux. Un éclairage précieux pour l'Union européenne. L'Express l'a rencontré.