Ligue des champions : Kylian Mbappé et le Real Madrid au bord du précipice

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Les Madrilènes devront renverser la vapeur à Munich, ce mercredi en quart de finale retour de Ligue des champions, pour éviter une saison blanche.

« Je crois qu’il n’y a pas plus bel endroit pour remporter des titres. » Kylian Mbappé visait juste, le jour de sa présentation à Madrid, le 16 juillet 2024. Pourtant, presque deux ans plus tard, ses mots résonnent bizarrement. Le Real Madrid, battu à domicile par le Bayern Munich la semaine dernière (1-2), est dos au mur avant son quart de finale retour de Ligue des champions, à l’Allianz Arena ce mercredi (21 h). S’il ne renverse pas la formation bavaroise, c’est une rarissime saison blanche qui l’attendra, tant le titre en Liga, seule autre compétition qu’il reste aux Merengue, semble promis au FC Barcelone (9 points d’avance à 7 journées de la fin).

Ce n’est pas ce qu’imaginait Mbappé en rejoignant le roi du football européen, 15 Ligues des champions dans l’armoire, dont 6 entre 2014 et 2024. Déjà, pour sa première saison dans la capitale espagnole, le capitaine de l’équipe de France s’était contenté d’une Supercoupe d’Europe et d’une Coupe intercontinentale. Pour ne rien arranger, le Paris Saint-Germain, avec qui il s’est cassé les dents moult fois en C1 (2017-24), où on sous-entendait qu’il entravait l’expression collective, a soulevé la coupe aux grandes oreilles à la première occasion après son départ.

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« Aujourd’hui, je suis un peu plus dans l’œil du cyclone. J’ai toujours aimé être dans ces positions-là »se motivait Mbappé en juin dernier. La réalité est qu’avec lui le Real ne gagne pas… mais qu’il est difficile de le lui reprocher. Le 20 décembre dernier, il fêtait ses 27 ans en égalant le record de buts sur une année civile (59) pour un joueur du Real, détenu par Cristiano Ronaldo. « Il fait partie des élus »s’émerveillait son entraîneur Xabi Alonso. À la mi-février, le Bondynois cumulait 38 buts en 31 matchs sur la saison. Seul son genou gauche a freiné son élan, le privant de jouer à fond la finale de Supercoupe d’Espagne face au Barça en janvier (entré à la 76e minute, défaite 3-2).

Cela tient davantage à la performance collective qu’au talent individuel

Alvaro Arbeloa, entraîneur du Real Madrid, sur les difficultés persistantes de l’équipe madrilène

Sa blessure, c’était une « perte dramatique » aux yeux de la presse madrilène. Quelques matchs manqués par-ci par-là lui ont permis de se soigner « à 100 % », de ses propres mots. Depuis, ses maux ont pris le dessus. Mbappé n’a marqué qu’une fois sur ses sept derniers matchs avec le Real. « Il se perd », s’est alarmé Marca, toutefois conscient que le problème dépasse son cas personnel. « Nous devons améliorer beaucoup de choses collectivement, surtout face à des équipes qui nous attendent, nous laissent peu d’espaces et ne montent pas beaucoup vers nous, a analysé Alvaro Arbeloa, l’entraîneur du Real depuis le 12 janvier. C’est quelque chose qui nous pose encore des difficultés et je pense que cela tient davantage à la performance collective qu’au talent individuel. »

Sauver la saison madrilène

La simple présence de l’ancien défenseur sur le banc illustre la pénible période dans laquelle est empêtré le Real, où son prédécesseur, Xabi Alonso, n’a eu que six mois pour faire ses preuves, pas un de plus. Mbappé a été « une menace constante » face au Bayern, jugeait Arbeloa, et même buteur sur un centre précis de Trent Alexander-Arnold (74e). Il en faudra beaucoup plus pour faire vaciller, dans son antre, le futur champion d’Allemagne (potentiellement dès ce week-end), rouleau compresseur, comme dans ses plus belles années, armé d’un Manuel Neuer, 40 ans, qui vit une seconde jeunesse.

Cette muraille, Mbappé devra encore la briser, même si le contexte n’a rien d’idéal. Vendredi, le champion du monde a reçu un coup de coude du défenseur Vitor Reis lors du match nul face à Gérone (1-1). Arcade sourcilière ouverte, visage ensanglanté et points de suture à l’arrivée. Absent de l’entraînement dimanche « par précaution », selon son club, il y est revenu lundi avec un pansement. Le « meilleur joueur du monde », comme le répète à qui veut l’entendre Arbeloa, a aussi l’objectif inavoué de faire tomber un énième record de Ronaldo, celui du nombre de buts sur une campagne de Ligue des champions (17, contre 14 actuellement pour le Français).

Y parvenir signifierait sûrement un exploit majuscule des Merengue, condamnés par bon nombre d’observateurs avant même d’avoir posé le pied en Bavière. Y parvenir permettrait, peut-être, de sauver la saison madrilène autant que faire se peut avant, pour Kylian Mbappé, de changer de logiciel : le grand rendez-vous de son année demeure la Coupe du monde (11 juin-19 juillet). Peut-être l’apothéose après un printemps de rêve. Ou plus probablement une échappatoire pour oublier les tracas.

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