Anfield aura donc pour lui une saveur particulière, encore une faculté à faire naître des émotions incomparables, que seules les terres de légende cachent en leur sein et ne dévoilent que pour les grands événements. Pas de larmes, cette fois, de celles qu’on lui a parfois reprochées parce que signe pour certains de marques de faiblesses incompatibles avec un costume de capitaine.
Marquinhos, ce mardi soir, est de nouveau sorti de la pelouse d’Anfield les yeux trempés, mais juste en raison de ce ciel capricieux qui a douché Liverpool quasi 90 minutes durant, comme pour rajouter à la dramaturgie de l’instant et mettre les Reds dans des conditions favorables. La seule émotion visible dans le regard du Brésilien à l’issue de ce quart de finale retour ne dévoilait qu’une émotion au coup de sifflet final de l’arbitre : la fierté.
Un cri de rage, comme un message
L’orgueil d’un capitaine qui, un an après avoir été contraint d’abandonner ses troupes au cœur de la bataille des 8es de finale de la Ligue des champions, touché à une cuisse dans le temps additionnel de la deuxième période, a cette fois bataillé jusqu’au bout aux côtés des siens, victorieux au final, dans un combat longtemps épique.
Si la campagne précédente a permis au Brésilien de balayer les doutes sur son rôle de leader, sa capacité à emmener tout un groupe au sommet, le rendez-vous de ce mardi lui a permis de montrer que les miracles existent et que même la tête sous l’eau, Paris et son capi sont capables de respirer.
Son cri de rage, le « cul » sur la pelouse et le regard dans celui de Matvey Safonov, et ses deux poings serrés racontaient déjà un peu cela, que Paris était capable de tout, de lutter comme un crève-la-dalle, en première période lorsque Liverpool a cru réduire l’écart (16e). Mais le portier russe, devant Isak, puis le capitaine brésilien, d’un tacle de rageux dans les pieds du Néerlandais, ont passé le message sans ménagement qu’il faudrait ce soir être bien plus costaud, bien plus vicieux, que cela pour faire craquer ce Paname soucieux de faire de nouveau d’Anfield son jardin d’Eden. Admiratif, conscient sans doute aussi de l’importance du geste, Van Dijk seigneur parmi les grands, viendra même « checker » son homologue.
« Ce sont des détails qui changent les matchs »
« Je le vois arriver et j’ai juste le temps de me jeter, racontera simplement le capitaine au micro de Canal +. Ce sont des détails qui changent les matchs. On a réussi à rester costaud, ne pas prendre de buts, c’est comme ça qu’on gagne le match. On voit la maturité de l’équipe. »
Le capitaine parisien n’aura bien sûr pas été le seul à faire le job, loin de là. Mais il aura montré l’exemple, donné la voie à suivre à Safonov, encore lui, explosif pour sortir la frappe de Gakpo, ou à Pacho de couper Mo Salah dans son envie de ne surtout faire de ce quart de finale retour sa dernière sortie sur la scène européenne avec les Reds.
Il n’y a pourtant que des jokers pour lui venir en aide, puisque après Nuno Mendes, touché en première période et remplacé par Hernandez, c’est la sortie de Désiré Doué, lui aussi touché musculairement, qui aurait pu déséquilibrer l’édifice en regagnant prématurément les vestiaires. Il en fallait plus pour faire chavirer ce Paris insubmersible. Symbole longtemps de la résistance, Marquinhos aura plutôt été traversé par l’impression d’un air de déjà-vu.
Le mérite en revient à Sir Ousmane Dembélé qui, après avoir déjà fait trembler Anfield l’an passé, l’a cette fois éteint d’un savoureux doublé qui propulse Paris dans le dernier carré de la Ligue des champions. La troisième fois d’affilée pour Marquinhos, acteur-clé, avec Safonov et Dembélé, de cette victoire de nouveau historique.











English (US) ·