Liverpool-PSG : Paris nerfs d’acier, Anfield magique, la tuile Ekitike… Coups de cœur et coups de griffe

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DÉCRYPTAGE – Au-delà du résultat final, découvrez ce qui a retenu l’attention de notre envoyé spécial à Liverpool après le quart de finale retour de C1 entre les Reds et le PSG.

COUPS DE CŒUR

Paris, les nerfs d’acier

Luis Enrique s’attendait à souffrir. Il a été servi. Après un premier acte maîtrisé et lors duquel ils ont eu les meilleures occasions, les Rouge et Bleu ont pris le bouillon dès l’entame de la seconde période. Paris a plié, mais c’est Liverpool qui a rompu (0-2) dans ce quart de finale retour de Ligue des champions. Le compte est bon pour ce PSG insubmersible, qui a encore une fois fait la démonstration de ses qualités mentales. Et Dieu sait qu’il en fallait, du mental, pour ne pas sombrer face à la fougue de Reds certes limités, mais qui ont fait le nécessaire pour se donner une chance.

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Paris a retenu les leçons du passé, et notamment de son match retour contre Aston Vila l’an dernier. Et la lumière est venue de ce contre salvateur de la 72e minute, avec Ousmane Dembélé (voir par ailleurs) à la finition. «Quand ils prennent des risques, on peut avoir un contre pour tuer le match. C’est arrivé plus tard que je l’espérais»a sobrement commenté Luis Enrique. Même lorsqu’ils sont bouclés, les champions d’Europe s’en sortent et avancent. C’est presque injuste pour la concurrence. «Ça dit qu’on est une grande équipe», relève João Neves, ajoutant que Paris «sait souffrir». On a vu.

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Dembélé en majesté

On l’avait quitté bougon, fâché par ses nombreux ratés face au but lors du match aller (victoire 2-0). On l’a retrouvé tout sourire à Anfield, tueur à sang-froid, buteur magique. Un doublé pour Ousmane Dembélé, lui qui avait déjà marqué à Liverpool l’année dernière. C’est le genre de match où on attend les grands joueurs. Il a donc répondu présent. Le premier but, à la 72e minute, a tué le suspense. Il faut avoir les nerfs solides pour marquer dans ce contexte, sur la première frappe parisienne du second acte. Le deuxième, au terme d’un contre éclair, sur un service de Bradley Barcola, c’est pour le plaisir. «C’est un joueur très différent, top niveau mondial», résume «Lucho».

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Anfield, le mythe, la légende

Soyons honnêtes, la réputation des stades anglais est parfois un peu surfaite. Certes, c’est un public de connaisseurs. Et l’ambiance peut être vraiment chaude… si le scénario est favorable aux locaux. Mardi, Anfield a fait honneur à son standing. Ecrin de rêve et enceinte mythique pour une affiche de gala. L’ambiance «so british» avant la rencontre autour du stade, «You’ll never walk alone» à donner des frissons, l’émouvante minute de silence pour les 97 victimes de la catastrophe d’Hillsborough... Et ces chants, puissants, assourdissants, des supporters des Reds. Ils ont pendant longtemps couvert la voix des 3000 supporters parisiens, ce qui n’arrive pas souvent en C1...

Évidemment, après le premier but de Dembélé, silence radio. Sauf dans le parcage visiteur… Mais du point de vue des tribunes, c’était globalement une grande, très grande soirée de football. La magie d’Anfield. Sans la pluie, qui est tombée sans discontinuer pendant la majeure partie de la rencontre, ça aurait été parfait… «Ambiance incroyable», a salué «Kvara». «C’est très utile quand il y a des supporters derrière vous pour vous pousser, pousser, pousser…», a quant à lui indiqué Arne Slot. Utile, mais pas suffisant.

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Jamais deux sans trois

Pour la troisième fois de suite, le PSG est en demi-finale de C1. C’est fort. «Ça dit que le PSG a un projet (solide). Je suis très fier de ce projet, cette équipe, ce club», lâche João Neves, qui aurait mérité un coup de cœur lui aussi. Il a déjà eu un 8 dans les notes du Figaro, comme Dembélé, Matvey Safonov et Marquinhos. Mais quelle est la recette de Luis Enrique ? «Tu dois avoir de la chance. Dans ce match, on a eu des moments ou ça aurait été dangereux d’encaisser un but…», souffle le technicien espagnol. Évidemment, ce n’est pas que de la chance, de la réussite. C’est le fruit d’un travail de fond. Avant cette série, le PSG n’avait atteint les demies de C1 qu’à trois reprises, en 1995 (demie), 2020 (finale) et 2021 (demie). Le club de la capitale a disputé quatre aux demies européennes, trois en C2 (dont le titre de 1996) et une en C3.

COUPS DE GRIFFE

Ekitike, le coup dur

C’est peut-être déjà la fin de la saison pour Hugo Ekitike. Recruté à prix d’or l’été dernier, l’attaquant français de 23 ans était l’un des principaux motifs de satisfaction de la saison à Liverpool. Il s’est effondré à la 28e minute. Il semble qu’il s’agisse d’une blessure au tendon d’Achille. «Ça a l’air mauvais mais c’est dur de dire à quel point… On verra demain, avec les examens», a indiqué Arne Slot, qui n’avait pas encore parlé à l’ex-Rémois au moment de se présenter en conférence de presse. Dans le pire des scénarios, Ekitike devrait faire une croix sur la Coupe du monde (11 juin-19 juillet).

Côté PSG, deux pépins, a priori moins graves : visiblement la cuisse pour Nuno Mendes et la cheville pour Désiré Doué. Luis Enrique a évoqué «un coup» pour ce dernier. Au sujet du Portugais, il a expliqué n’avoir «pris aucun risque». Une chose est sûre : c’est toujours triste de voir des joueurs blessés. Et encore plus quand ça semble aussi grave que pour Hugo Ekitike...

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Liverpool décidément trop limité

Arne Slot a sorti le parapluie. Déplorant le manque de réussite et une «nouvelle décision défavorable de la Var», le technicien néerlandais devine «un futur très prometteur» à Liverpool. Un futur qui pourrait toutefois passer par un changement d’entraîneur… «On a pu aligner Florian Wirtz, Alexander Isak et Hugo Ekitike sur 88 minutes depuis le début de la saison, plus 27 ou 28 aujourd’hui. Et je serais surpris si on pouvait ajouter quelques minutes plus à ce total cette saison», a-t-il mis en avant. Pas faux. Ça ne suffira peut-être pas pour lui éviter le couperet cet été, tant les Reds ont souffert au cours de la saison et ont affiché leurs limites contre Paris. Trop juste à l’aller, et même mardi, avec beaucoup de physique et d’envie, pas assez de tout le reste.

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Doué agace

On a déjà écrit tout cela, mais on est bien obligé de recommencer. Certes, Désiré Doué se bat. Il ne rechigne pas à faire les efforts. Mais il a encore connu un gros déchet avec le ballon mardi soir. Trop peu de réussite dans ses dribbles, trop de mauvais choix et d’individualisme. Sa sortie sur blessure a permis à Bradley Barcola d’entrer en jeu et de délivrer la passe décisive sur le second but de Dembélé. Les absents ont toujours tort… Rappelons que ledit Barcola semblait avoir pris le dessus sur Doué avant de se blesser, lors de la victoire à Chelsea (0-3). À voir quels seront les choix de «Lucho» à l’avenir.

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