À huit mois de l’élection présidentielle française, difficile de s’y retrouver à gauche. Entre les candidats à la primaire socialiste, les candidats hors primaire, dont certains sont pourtant issus du Parti socialiste, les candidats d’extrême gauche et Jean-Luc Mélenchon, au moins une quinzaine de candidates et de candidats se sont déjà déclarés ou sont pressentis pour 2027.
Face à une telle profusion de candidatures, les instituts de sondage font des choix. Ainsi, le dernier sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, publié lundi 24 août, liste Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Fabien Roussel (Parti communiste français), Marine Tondelier (Les Écologistes), Raphaël Glucksmann (Place publique) et François Hollande (Parti socialiste) comme candidats. Pourtant, seuls trois de ces six personnalités étaient officiellement entrés dans la course à l’Élysée lorsque le sondage a été réalisé, tandis que près d’une dizaine d’autres candidats, officiellement déclarés ceux-là, étaient laissés de côté.
Pour y voir plus clair à gauche, France 24 fait le point.
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• Les candidats déjà lancés (ou presque) pour 2027
Officiellement entré en campagne le 3 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon trace sa route. Soutenu par La France insoumise, disposant d’un programme, de moyens financiers et de troupes pour faire campagne, le candidat déroule depuis quatre mois. La récolte des 500 parrainages représente pour lui la seule incertitude, mais celle-ci devrait être surmontée.
Nathalie Arthaud est elle aussi en campagne depuis plusieurs mois. Officiellement investie en décembre 2025 par Lutte ouvrière, elle représentera le parti d’extrême gauche pour la quatrième fois à l’élection présidentielle après 2012, 2017 et 2022. Comme lors des campagnes précédentes, obtenir les 500 parrainages demandera des efforts, mais cet obstacle devrait être franchi.
D’abord candidate du parti Les Écologistes à la primaire du Front populaire 2027 qu’elle avait proposée et qui avait pour but de désigner un candidat commun de toute la gauche, avant de devenir une primaire de la gauche non-mélenchoniste, Marine Tondelier maintient sa candidature même si son projet de primaire n’aura pas lieu. Ira-t-elle jusqu’au bout ? Son parti est divisé en trois camps : ceux qui la soutiennent, ceux qui souhaitent rallier Raphaël Glucksmann et ceux qui souhaitent rallier Jean-Luc Mélenchon. Le suspense reste entier.
Enfin, Fabien Roussel doit être officiellement investi candidat du Parti communiste français début septembre, après avoir déjà fait valider au début de l’été son projet de candidature autonome.
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• Les candidats à la primaire socialiste
Ils sont quatre à être officiellement candidats à la primaire socialiste, qui se déroulera entre le 9 et le 17 octobre, après l’entrée en lice le 23 août du plus médiatique d’entre eux : Raphaël Glucksmann. Ce dernier se serait bien passé de l’exercice de la primaire, mais a été contraint de s’y soumettre pour bénéficier, en cas de victoire, de la machine du Parti socialiste. Son petit parti, Place publique, n’ayant ni les ressources financières ni les ressources humaines pour faire campagne.
L’eurodéputé a rejoint Philippe Brun, Jérôme Guedj et Ségolène Royal dans la course. Trois socialistes, dont une ancienne candidate arrivée au second tour de la présidentielle en 2007.
La liste des candidats participant à cette primaire devrait toutefois s’allonger. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, est pressenti pour se déclarer dans les prochains jours. Il pourrait être devancé ou suivi dans son annonce par le chef du groupe des députés socialistes, Boris Vallaud.
• Les candidats officiellement déclarés mais sans grand espoir
Pour ces candidats, le chemin vers l’élection présidentielle de 2027 est semé d’embûches. Entre le manque d’argent pour faire campagne, la difficulté à recueillir les 500 parrainages d’élus, l’accès restreint aux médias, difficile d’imaginer une issue favorable.
Deux candidats d’extrême gauche vont ainsi batailler dans les prochains mois pour faire parler d’eux : Anasse Kazib (Révolution permanente) et Selma Labib (NPA-Révolutionnaires).
L’ancienne ministre de l’Écologie de François Hollande, la députée Delphine Batho, est également candidate, tout comme le maire socialiste de Saint-Ouen Karim Bouamrane. Tous deux auraient pu concourir à la primaire socialiste, mais ont refusé d’y participer.
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Il y a enfin l’autre rescapé de la primaire avortée du Front populaire 2027 : François Ruffin. Contrairement à Marine Tondelier, ce dernier ne peut pas compter sur un parti installé dans le paysage politique français et disposant de moyens financiers. Ancien membre de LFI, François Ruffin bénéficie toutefois d’une certaine notoriété et d’un accès aux médias, mais sa candidature ne semble pas percer et son nom n’est même plus testé par les sondeurs. La question du maintien de sa candidature se pose.
Eux aussi candidats à la primaire du Front populaire 2027, Clémentine Autain et Benjamin Lucas-Lundy ont de leur côté retiré leur candidature. Lydie Massard (Union démocratique bretonne), qui devait aussi participer à cette primaire, prendra la décision de son maintien ou de son retrait courant septembre.
• Les candidats qui se tiennent prêts
François Hollande et Bernard Cazeneuve se tiennent prêts, mais refusent de participer à une primaire. Si l’ancien président de la République (2012-2017), qui espère représenter un recours qui s’imposerait comme une évidence, ne devrait pas bouger avant la fin de l’année, son ancien ministre de l’Intérieur et éphémère Premier ministre a déjà avancé ses pions.
Bernard Cazeneuve a publié en juillet une lettre aux Français dans laquelle il leur propose un "contrat", accompagnée d’une interview dans Le Parisien qui semblait être une annonce de candidature. Mais son entourage a depuis fait savoir qu’il n’était pas encore officiellement candidat.












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