Nathalie Renoux évoque les remarques reçues lors de ses débuts sur M6 : "On m'avait déconseillé d’y aller"

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INTERVIEW. Vendredi 28 août 2026 marquera les 20 ans de Nathalie Renoux à la tête de l'information sur M6. Ses débuts sur la chaîne, les événements les plus marquants, ses galères techniques à l'antenne... La journaliste de 55 ans, qui incarne Le 12.45 du lundi au vendredi, égrène ses plus précieux souvenirs pour Télé-Loisirs.

20 ans d'information. Le 28 août 2006, Nathalie Renoux, transfuge de LCI, prenait les rênes du 12.45 – anciennement baptisé Le 12.50 et lancé quelques mois plus tôt sur M6 – à la suite d’Anne-Sophie Lapix. Deux décennies plus tard, force est de constater que ce rendez-vous de la mi-journée a su trouver sa place dans une case ultra-concurrentielle. Chaque jour de la semaine, le JT réuni 1,1 million de téléspectateurs en moyenne.

Une fête avant tout symbolique pour la journaliste de 55 ans qui continue d'accompagner toutes les mutations de l'info sur M6, de l'intégration de la réalité augmentée aux formats éditoriaux dédiés aux jeunes générations, à l'instar de L'actu des réseaux et Ados plus près. À l'occasion d'un entretien à Télé-Loisirs, l'Angevine s'est replongée dans ses souvenirs pour célébrer son anniversaire.

"Je ne pouvais pas me louper" : Nathalie Renoux évoque la pression ressentie lors de son premier JT sur M6

Télé-Loisirs : Imaginiez-vous une telle longévité en arrivant sur M6 en 2006 ?
Nathalie Renoux :
Non car, en général, je vis les aventures les unes après les autres. Quand j'ai commencé celle-ci, je pensais surtout à bien faire mon travail, à m'intégrer dans la rédaction et à prendre ces nouvelles responsabilités avec cœur.

Je n’étais pas du tout dans la projection à moyen ou même long terme. Je n'ai pas vu les années passer, et d'un coup on vous dit : "Ça y est, tu fais tes 20 ans sur M6".

Qu'est-ce qui vous avait motivée à accepter ce projet à l'époque ?
J’avais passé huit ans sur LCI avec des journaux toutes les demi-heures, ce qui était très formateur, et j'en avais fait le tour. Ce qui m'a intéressée à M6, c'était de proposer un seul journal incarné dans la journée. À l'époque il n'y en avait qu'un : Le 12.50.

Devoir le travailler de manière précise, le malaxer pour offrir aux téléspectateurs une vue d'ensemble de l'actualité avec de l'explication, de la pédagogie, de la distance, du reportage... Ce sont des choses que l'on fait moins quand on est dans la gestion du direct sur une chaîne d'information.

Quel souvenir vous gardez de votre tout premier journal sur M6 ?
C’était stressant ! C’était la première fois que j’apparaissais sur l'antenne de la chaîne et que je présentais un journal avec la nouvelle équipe. C’était comme un rite de passage. Je devais faire mes preuves pour m’intégrer. Je me devais d'être à la hauteur du travail de la rédaction et de ce qu’on doit proposer au public.

Quand je suis arrivée, j'ai senti qu'il y avait une attente. La première impression est souvent celle qui reste, je ne pouvais pas me louper. Vingt ans plus tard, je suis désormais l’une des plus anciennes de la rédaction. La roue tourne. [Elle rit.]

A-t-il été facile de tisser un lien avec le public en lançant ce rendez-vous malgré la forte concurrence ?
On savait ce qu'on voulait faire. Aujourd'hui, la plus grande fierté que doit avoir notre rédaction, c'est d'être identifiée. Quand vous regardez un 12.45 ou un 19.45, on sait exactement où l'on est, ce que vous regardez. On existe, mais ce n'était pas gagné.

Au début, des gens de la profession m'avaient déconseillé d'aller sur M6 en me répétant que l'info ne serait jamais la priorité de la chaîne, que ce serait toujours des petits JT. Quand je vois ce qu'ils sont devenus, je me dis qu’ils ont eu tort. Nos journaux ont un public fidèle et font encore les pics d'audience de M6. On a su se faire une place à part.

Quels événements vous ont le plus marquée en 20 ans ?
Il y a eu des événements plus joyeux, comme l'Euro 2016. J'animais les émissions post-match avec David Ginola. La France était en finale. On s’est retrouvé à présenter le pré-match sur la pelouse du Stade de France. Les joueurs s'entraînaient à deux mètres et le public derrière nous… Ce sont des moments inoubliables.

Mais je ne peux pas passer à côté des attentats de 2015. M6 avait proposé des journées de direct en continu, notamment avec la prise d'otages de l'Hyper Cacher. Je pense aussi à la période Covid, que l'on n'aurait imaginé vivre un jour. Je traversais Paris à vélo, une capitale déserte où l'on entendait les oiseaux chanter sur les Champs-Élysées. C'était comme dans un film de science-fiction.

"J'ai dû meubler, seule en plateau" : Nathalie Renoux victime d'un gros problème technique en plein direct sur M6, elle nous raconte

Comment réussissez-vous à cacher votre émotion lorsque vous traitez une actualité si tragique ?
On endosse le costume de journaliste. Lors des attentats, j’étais pleinement concentrée sur ma tâche. Je ne m’autorisais à ressentir des émotions qu'en dehors du plateau. Il faut garder une distance avec l'événement que vous commentez.

Il arrive que des reportages m'émeuvent, comme ceux sur les enfants malades, par exemple. Quand je peux, je les regarde avant le JT, ça m’aide à mieux gérer l’émotion. Il m'est aussi arrivé d'être émue à l'antenne, au retour d'un reportage, et de me dire : "Reconcentre-toi". On est humain, mais ce n'est pas toujours bienvenu d'être à fleur de peau. Ce n'est pas ce qu'on nous demande.

Avez-vous déjà vécu des galères à l'antenne ?
Il y en a toujours. Vous êtes dans les titres et on vous dit : "Le premier sujet n'est pas prêt !". On vous guide dans l'oreillette, mais il faut être très réactif pour que le JT se déroule quand même et que le public ne voit rien alors que c'est le bazar en régie.

Lors de ma première Présidentielle sur M6, nous n'avions plus aucune liaison avec nos correspondants dans les QG des partis politiques. Nous étions moins aguerris qu'aujourd'hui et nos moyens techniques étaient moins performants. J'ai dû meubler, seule en plateau avec un spécialiste politique qui, heureusement, était très bon. On a fait de l'analyse jusqu'à ce que tout revienne en ordre.

Que représente Le 12.45 dans votre carrière ?
Le 12.45, comme Le 19.45 que j’ai présenté pendant 13 ans, sont les moments les plus importants de ma vie professionnelle. C'est là que j'ai passé le plus de temps. Ce sont les produits télévisuels auxquels j'ai donné le plus d'énergie.

Chaque année, j'essaie d'envisager la façon dont on peut améliorer ce rendez-vous, y apporter une chronique qui n'existe pas encore, tout en gardant l'ADN qui fait la particularité de ces journaux. Ces rendez-vous font partie de moi.

Quelle place occuperez-vous dans le dispositif d'M6 ?
Ce sera la première fois depuis 20 ans que je ne serai pas présente pour les résultats, puisque je ne travaille plus sur les JT du week-end. Je ferai le journal de la post-élection, le lendemain. Je n'ai pas de frustration particulière.

J'ai couvert quatre Présidentielles, c'est déjà pas mal. C’était mon souhait de basculer en semaine pour avoir un rythme de vie plus conforme à celui que vivent les gens.

Quels nouveaux défis aimeriez-vous relever ?
J'aimerais présenter un prime en direct, comme je faisais dans Appel à témoins avec Julien Courbet [de 2021 à 2023, NDLR] ou une émission d'infotainment [néologisme pour décrire un programme mêlant information et divertissement, NDLR]. Cela me permettrait de montrer une autre facette de ma personnalité.

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