Péguy, Un cœur qui a tant battu de Nicolas Faguer : la poussière et la lumière

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CRITIQUE - Sans pédanterie ni vaine érudition, l’auteur nous invite à emboîter le pas au poète dans une balade émerveillée.

« La belle route ! la chère route ! Vertigineuse amie, promesse immense ! L’homme qui l’a faite de ses mains pouce à pouce, fouillée jusqu’au cœur, jusqu’à son cœur de pierre, puis enfin polie, caressée, ne la reconnaît plus, croit en elle. » Cette phrase de Georges Bernanos semble avoir été écrite pour saluer l’ombre de Charles Péguy, poète géographe, topographe et marcheur. L’auteur des Tapisseries n’est pas seulement le chantre de l’incarnation ou du spirituel. C’est un officier d’infanterie qui aimait entendre ses souliers sonner sur le pavé.

« Une, deux ! Une, deux ! » Le rythme de Péguy est celui de la marche. Ses répétitions textuelles, qui exaspéraient Marcel Proust, sont des foulées. Comme un marcheur qui voit le paysage changer imperceptiblement à mesure qu’il avance, le lieutenant du 276e régiment d’infanterie reprend ses phrases pour en épuiser le relief. Ses croquenots ne sont pas un accessoire, mais un outil d’entraînement du cœur, un véritable…

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Le Figaro

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