Tribune. La richesse par habitant des Français est désormais inférieure d’un quart à ce qu’elle devrait être. A la source, un grand décrochage de productivité par rapport à nos voisins européens et américains.
Publié le 16/04/2026 à 09:00

Des routiers font le plein de leur camion à la station-service pour poids lourds AS 24 de Servon-sur-Vilaine le lundi 30 mars 2026 .
PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
Le pouvoir d’achat est redevenu la première préoccupation des Français. Selon la dernière note de conjoncture de l’Insee, il devrait baisser en moyenne de 0,2 % à mi-année du fait de la crise du détroit d’Ormuz, et bien plus pour les agriculteurs, les pêcheurs ou tous ceux qui dépendent du prix du pétrole pour se chauffer ou aller travailler.
Ce contexte va focaliser le débat public sur les mesures de soutien à court terme – baisse des taxes, blocage des prix ou subventions – et renvoyer à plus tard les discussions sur l’affaiblissement de notre recherche, la difficulté à construire des géants numériques en Europe et à y diffuser l’innovation, le taux d’emploi ou l’investissement productif. Pourtant, ce sont ces facteurs qui expliquent que notre richesse par habitant est désormais inférieure d’un quart à ce qu’elle devrait être. C’est ce "grand décrochage" de productivité par rapport à nos voisins européens ou américains que l’Observatoire du long terme a étudié dans toutes ses dimensions à l'occasion de son dernier rapport. Il s’est produit de façon imperceptible et beaucoup moins visible que la hausse du prix du carburant à la pompe. Pourtant, ce décrochage ampute la richesse moyenne des Français d’un montant plus de cent fois supérieur à la crise d’Ormuz.

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