Rebelote, 60 ans plus tard. Après le séisme déclenché par le projet visant à ouvrir la porte de la Fifa à des investisseurs privés via une société commerciale, l’UEFA et ses 55 associations membres ont provoqué un nouveau choc ce jeudi en brandissant la menace du boycott des compétitions de l’instance dirigée par Gianni Infantino. Une décision sans précédent, prise à l’issue d’une réunion d’urgence organisée dans l’après-midi. Du jamais-vu dans l’histoire du football, ou presque.
Car un précédent existe. Il faut remonter six décennies en arrière, en 1966, pour retrouver la trace d’un tel événement. À l’époque, la Confédération africaine de football (CAF) avait retiré ses 15 sélections engagées dans les éliminatoires de la Coupe du monde, organisée et remportée par l’Angleterre.
Deux ans plus tôt, en 1964, la colère montait déjà sur le continent africain. Les dirigeants de la CAF s’étaient réunis au Caire pour dénoncer les conditions de qualification imposées par la Fifa. L’instance mondiale avait décidé que l’Afrique, l’Asie et l’Océanie devraient se partager une seule place pour la phase finale, via un barrage entre leurs représentants.
Une révolte qui finit par payer
Une décision jugée profondément injuste par les dirigeants africains, qui estimaient que leur continent méritait une place directement qualificative pour le tournoi. Le directeur des sports du Ghana, Ohene Djan, également membre du comité exécutif de la Fifa, avait alors adressé un télégramme incendiaire à l’instance, qualifiant la situation de « pathétique » et « absurde ».
Le couperet finira par tomber : la CAF décide officiellement de boycotter la Coupe du monde 1966. Mais la Fifa ne bronche pas pour autant. « Pour le prestige de la Fifa, il ne serait pas judicieux de modifier ces décisions », écrit alors son secrétaire général Helmut Kaser.
Une lutte qui porte finalement ses fruits quelques années plus tard. Deux ans après le Mondial 1966, la Fifa décide d’attribuer une place qualificative directe à l’Afrique pour l’édition suivante, organisée au Mexique en 1970.
Soixante ans plus tard, le football mondial connaît donc un nouveau bras de fer avec la Fifa. En 1966, la fronde africaine avait finalement permis d’obtenir davantage de reconnaissance sportive. Reste désormais à savoir si la menace européenne connaîtra le même destin.










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