Projet d’investisseurs à la Fifa : l’UEFA menace à « l’unanimité » d’un boycott des Coupes du monde

il y a 1 hour 1

Les 55 associations membres de l’UEFA ont rejeté à l’unanimité le projet de Gianni Infantino d’ouvrir la Fifa à des investisseurs privés et menacent de boycotter la Coupe du monde.

Coup de tonnerre. Alors que le projet porté par Gianni Infantino d’ouvrir la porte de la Fifa à des investisseurs privés via une société commerciale a provoqué un véritable tsunami dans le monde du football, l’UEFA a annoncé que ses 55 associations membres ont décidé de soutenir unanimement le boycott des Coupes du monde.

La décision a été prise à l’occasion d’une réunion d’urgence organisée ce jeudi après-midi à distance. Elle s’inscrit dans un lourd mouvement de protestation contre le projet alors que le Mondial féminin, doit se dérouler au Brésil dans moins d’un an. « À la suite de la discussion d’aujourd’hui, aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la Fifa tant que ces propositions resteront d’actualité », écrit l’instance européenne dans un communiqué.

« Nous rejetons à l’unanimité et sans équivoque la proposition de la Fifa de transférer des participations dans la Coupe du monde et d’autres compétitions de la Fifa à des investisseurs privés. La Coupe du monde ne peut pas être traitée comme un produit d’investissement. C’est l’un des plus grands héritages sportifs du football. Elle a été construite au fil des générations par les joueurs, les équipes nationales et les supporters à travers tous les continents », poursuit-elle.

La Concacaf refuse aussi le projet

« Il est irresponsable et indéfendable qu’une proposition avec un tel impact sur le football ait été conçue en secret, répond aussi l’UEFA. Ce n’est pas une décision démocratique, mais la gouvernance par la peur. »

Une décision lourde de conséquences, qui a amené la Concacaf à, elle aussi, organiser une réunion d’urgence ce jeudi après-midi. Après plusieurs heures de discussions, la confédération nord-américaine a indiqué dans un communiqué que « ses 41 associations membres ont rejeté la proposition », sans boycotter pour autant les compétitions de la Fifa.

Au moment de présenter son projet de loi, Gianni Infantino avait indiqué que le projet ne serait lancé « que si la majorité des associations membres décide de le soutenir, et que si le Conseil de la Fifa approuve les mises à jour réglementaires ».

Une quinzaine de refus manquants

Avec les communiqués de l’UEFA et de la Concacaf, le nombre de refus s’élève à 90, étant donné que six membres de l’organisation nord-américaine ne sont pas affiliés à la Fifa (Bonaire, Guadeloupe, Guyane française, Martinique, Saint-Martin, Sint Maarten).

Soit 16 de moins que le nombre de refus nécessaires pour atteindre la majorité des 211 membres de la Fifa et faire annuler le projet. Les décisions des confédérations sud-américaine, africaine, asiatique et océanique sont attendues d’ici le 19 septembre, date limite imposée par la Fifa.

La Confédération asiatique (AFC) a déjà regretté de son côté que ce projet ait été rendu public sans que ses membres ne soient consultés auparavant, sans se prononcer sur le fond, tandis que la Confédération africaine de football (CAF) s’est montrée moins critique, appelant ses associations membres à « examiner » et à « évaluer » le projet.

Mardi, la Fifa avait annoncé vouloir créer une société, la Fifa Forward Entreprise (FFE), afin de gérer ses activités commerciales ainsi que l’organisation de ses tournois et d’attirer des investisseurs extérieurs, promettant une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football. Très critiqué, Gianni Infantino s’était ensuite défendu, indiquant qu’il s’agissait d’« une opportunité mais pas une obligation ». Son plan représente « une proposition, une offre » qui s’inscrit « dans le cadre d’un processus démocratique ».

L’UEFA s’était alors immédiatement déclarée en opposition à ce projet, y voyant « une ligne que les institutions gouvernant le football ne devraient jamais franchir ». La Fédération française de football a également réagi, exprimant dans un communiqué officiel publié mercredi soir « ses interrogations et ses très vives inquiétudes » face à la volonté du président de la Fifa.

Lire l’article en entier