Si Tomer Sisley est le héros de la série de Netflix GIGN, cela fait des années qu'il entretient des liens secrets avec les membres de cette unité d'élite. L'acteur se confie dans une interview à Télé-Loisirs sur cette relation et cette proximité qui lui ont servi pour préparer ce rôle et ce tournage.
Après les séries Balthazar, Vortex ou Surface, Tomer Sisley revient sur Netflix, pour qui il avait été le héros de la série internationale Messiah. Cette fois, c'est dans GIGN que les spectateurs le retrouvent, une série française d'action réalisée par Julien Leclercq, à qui l'on doit notamment les films L'Assaut ou Braqueurs, qu'il a également décliné en série récemment pour Netflix.
Tomer Sisley incarne ici un chef de section du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), cette unité d'élite spécialisée dans les situations extrêmes, comme les prises d'otage notamment. S'il explique avoir décroché le rôle "par hasard", il en rêvait car cela fait des années qu'il entretient en secret des liens avec le GIGN. Une proximité qui lui a servi pour préparer le tournage de cette série.
"Je ne compte plus le nombre d'exercices grandeur nature que j'ai organisé pour le GIGN" : Tomer Sisley se confie sur ses liens avec cette unité d'élite
Télé-Loisirs : Comment s’est passé votre entraînement avec le GIGN ?
Tomer Sisley : C’est drôle, car ça fait des années que je suis proche du GIGN. Je les ai rencontrés via l’association Les Balles Blanches, dont ils étaient les parrains. Pour remercier les équipes, ils nous avaient invités à une journée d’immersion avec eux. J’y suis allé, avec des acteurs, des sportifs de haut niveau, des célébrités.
Ils nous ont fait faire des exercices et j’ai adoré, j’étais dans mon élément ! Je me suis dit "J'ai enfin trouvé des garçons qui sont prêts à faire les mêmes conneries que moi et qui n'ont pas froid aux yeux". J'avais une trentaine d'années à l'époque. On s’est lié d’amitié, mais ça restait secret.
Je suis très proche d’eux, je ne compte plus le nombre d’entraînements que je leur ai organisé, des entraînements et exercices grandeur nature, notamment ici chez moi, au Moulin, d’où je vous parle. Je leur servais de plastron ou je jouais le terroriste dans leurs exercices… Quand j’ai entendu parler de cette série, j’étais déprimé car je pensais qu’un autre acteur allait la faire. Mais Julien Leclercq m’a proposé le rôle, c’était le hasard !
Comment le GIGN a-t-il participé à la série de Netflix ?
Connaissait-il vos liens avec le GIGN ?
Non, ils ne savaient pas. Je ne sais pas exactement comment ça s’est passé, mais Julien Leclercq et Julien Madon, le producteur, ont pensé à moi. J'imagine que mon profil d'acteur les intéressait, mais eux ne savaient pas à quel point j'étais très proche du GIGN.
Quel rôle le GIGN a-t-il joué dans la série, concrètement ?
Ils nous ont ouvert leurs portes, nous avons pu tourner deux semaines dans leurs locaux, à Satory, ce qui est vraiment très rare. Et j’ai passé des journées entières avec eux pour apprendre, j’ai pu assister à des briefs pour des exercices de départs de mission.
Cela m’a permis de baigner dans cet univers car je joue un chef d’équipe, donc de voir comment ça se passe, comment ils se parlent, se regardent. Ils ne sont pas intervenus sur le scénario mais, comme je les connais bien – l’un de mes meilleurs amis est encore négociateur là-bas - je l’appelais souvent pour lui demander conseil sur une scène, une situation. Nous avons essayé d’être le plus réaliste possible.
Par exemple, pour la scène du premier épisode, avec le chauffeur du camion qui a un détonateur, je lui ai posé plein de questions. Il m’a dit : "Demande-lui s’il a des enfants, demande-lui leurs prénoms, tu le fais parler". Tout ça, ce n’était pas dans le scénario, on l’a donc rajouté.
On ne peut pas être totalement réaliste non plus, ce n’est pas possible pour plusieurs raisons et notamment la confidentialité. Nous n’avons donc pas pu utiliser les vrais codes, mais l’esprit y est.
Certains membres apparaissent-ils dans la série ?
Peut-être…
Et comment vous êtes-vous préparé physiquement pour ce rôle ?
Comme à chaque fois, c’est une préparation physique et une alimentation horrible. On est puni pendant à peu près un an (il rit). Mais pour moi, le plus important, c’était le maniement d’armes, la manière de se déplacer, le jargon, qui devaient être les plus vrais possible.
"Il faut un mental de fou" : Tomer Sisley rend hommage aux membres du GIGN dont il est proche
Votre personnage est tiraillé entre son devoir personnel et sa famille. Dans une autre mesure, ressentez-vous cela lorsque vous partez plusieurs mois pour un tournage ?
Oui, c’est l’une des plus grosses contraintes dans mon travail, de devoir m’éloigner plusieurs mois de ma famille. C’est déjà dur quand on est marié, mais ça l’est encore plus quand on a des enfants, car ils grandissent très vite.
Qu’aimeriez-vous que les gens se disent du GIGN, de ces hommes que vous connaissez, après avoir vu cette série ?
Ce que je voudrais qu’on sache de ces gars, c’est que ce sont des hommes et des femmes qui ont des vies de famille, qui partent en vacances, et qui ont un travail qui prend la place la plus importante dans leur vie, beaucoup plus que la plupart des autres personnes. Que tous les gars que je connais là-bas, s'il fallait donner leur vie, ils le feraient. Pour un salaire de 2000 euros et quelques. Ils ne reculent devant rien.
C’est d’ailleurs ça qui est extraordinaire dans la sélection pour entrer au GIGN : on ne prend pas les plus costauds ou les plus rapides, on prend des gens qui sont câblés différemment. Des gens qui, quand ils se retrouvent avec un genou au sol, le nez cassé et qui saignent, on veut qu’ils se relèvent et retournent au combat. Le mec qui gagne le combat, sans jamais mettre un genou au sol, ça ne les intéresse pas. C’est ça que je voudrais qu'on retienne de ces mecs-là.
Il y a aussi un truc qui est bien raconté dans la série, c'est que l’idée n’est pas de tirer, même quand ils vont chercher un forcené, ils essayent de préserver sa vie. Et ça, il faut un mental fou pour le faire.

il y a 15 hour
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