Il y a du mieux. C’est globalement le message de la Ligue nationale de rugby (LNR), qui vient de publier le rapport de l’autorité de régulation du rugby (A2R), qui contrôle les finances des clubs pros. Parmi les points positifs, l’accroissement continu des revenus des 30 clubs (Top 14 et ProD2), qui ont accumulé 635 millions d’euros sur la saison 2024-2025, soit 6 % de plus que la saison précédente, et surtout 60 % de plus qu’il y a dix ans.
Le gâteau continue de grossir, à la faveur des droits télés, de la billetterie dans les stades, du sponsoring et des partenariats… Le Top 14 est la locomotive de cette économie, avec 464 millions de revenus annuels, et 2,9 millions de spectateurs attirés dans ses stades.
« Cette croissance illustre l’attractivité du rugby professionnel français dont 66 % des revenus proviennent du lien avec les spectateurs et les partenaires des clubs (partenariats & hospitalités, recettes matchs et merchandising) », se félicite la LNR.
Cette dynamique révèle néanmoins de fortes disparités entre les clubs. La Ligue révèle les budgets des clubs de la saison dernière, qui vont de 63 millions d’euros pour le Stade toulousain, champion de France, à 22,5 millions pour Perpignan. Derrière l’ogre toulousain, la majorité des clubs du Top 14 se situent à un niveau assez homogène, autour de 30 à 40 millions de budget (moyenne 37,9 millions).
C’est surtout au niveau des résultats que les différences apparaissent. En cumulé, la perte d’exploitation s’est certes « sensiblement résorbée », comme le note la LNR, passant de 64,5 à 49,8 millions d’euros. Mais elle reste à un niveau élevé. Les revenus augmentent, mais les charges aussi, et chez certains clubs, le déficit se creuse.
Le Stade Français mauvais élève
Seuls cinq sont bénéficiaires, avec un résultat d’exploitation excédentaire : le Stade Rochelais (+ 1,8 M€), l’Union Bordeaux-Bègles (+ 1,5 M€), le Rugby Club Vannes (+ 1,4 M€), la Section Paloise (+ 0,4 M€) et le Stade Toulousain (+ 0,1 M€). Trois clubs affichent « un déficit d’exploitation modéré (inférieur à 1 M€) , note la LNR : l’Aviron Bayonnais Rugby Pro (-0,3 M€), l’ASM Clermont-Auvergne (-0,3 M€) et l’USA Perpignan (-0,9 M€).
En revanche, la situation est toujours inquiétante pour six clubs, qui affichent un déficit d’exploitation significatif (plus de 4 M€) : le Racing 92 (-4,4 M€), le LOU Rugby (-5,5 M€), le Castres Olympique (-6,8 M€), le Rugby Club Toulonnais (-9,6 M€), le Montpellier Hérault Rugby Club (-11 M€) et le Stade Français Paris (-16,3 M€).
« Ces 6 clubs pèsent ainsi à eux seuls 97,4 % du déficit des 9 clubs en perte d’exploitation », note le rapport de l’A2R. La LNR souligne ces pertes mais ne s’en inquiète pas outre mesure, pointant que le déficit « est assumé par les actionnaires concernés ou couvert par les fonds propres. »











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