Trump accusé d’avoir fait couler les cargos à voile de cette compagnie bretonne

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Elles se sont brutalement arrêtées de transporter du chocolat, du café, du textile, du vin ou encore des spiritueux d’un bord à l’autre de l’Atlantique. Les jolies coques bleu azur des navires Artemis et Anemos resteront à quai jusqu’à nouvel ordre. Leur avenir plombé, entre autres, pas la valse des droits de douane imposée par le président américain.

Ces deux cargos à voiles étaient les premiers d’une flotte de transport décarboné ambitieuse, portée par TOWT (pour TransOceanic Wind Transport), une entreprise bretonne devenue normande, pionnière en la matière.

Une chute après 15 d’ascension

Née à Brest (Finistère) en 2011, cette dernière avait ensuite déménagé à Douarnenez, avant de récemment déménager son siège au Havre (Seine-Maritime) pour des raisons techniques. Les deux fières goélettes à propulsion vélique de près de 80 m de long, construites par les chantiers Piriou (Finistère), allaient bientôt être rejointes par six autres, déjà précommandées sur les chantiers vietnamiens du même constructeur. Le premier de ces nouveaux bateaux devait être livré tout prochainement.

Mais voilà, TOWT a été brutalement placée en liquidation judiciaire, mettant ainsi en péril 48 emplois. Que s’est-il passé pour que cette structure, en pleine ascension depuis 15 ans, prenne ainsi l’eau ?

Guillaume Le Grand, fondateur et directeur de l’entreprise, est formel : « tout a commencé avec la question des droits de douane, peu après l’élection de Trump ».

« Dès l’élection de ce climato-négationniste, nous avons vu nos volumes fondre et nos cales se vider, précise-t-il. Les deux tiers de notre travail étaient concentrés sur des clients américains. Notre marché est ainsi devenu un marché à risque qui s’est effondré sous nos yeux ».

Aussi TOWT s’est-il un peu plus porté sur le secteur du café. Mais Guillaume Le Grand et ses salariés se sont de nouveau retrouvés à naviguer en eaux troubles.

« Le 27 février 2025, la programmation de Loi de Finance qui rétablit des charges sur les voiliers cargos, notamment, a été passée grâce au 49.3. On s’est retrouvé avec 20 000 euros par mois de charges sur chaque navire ! Alors que ceux dédiés à l’éolien en mer (EMR) ou les ferries en demeuraient exonérés… ».

Une levée de fonds pour repartir de l’avant

Dernier coup de massue, leur banque aurait « pris le pas sur la gestion de l’entreprise… au détriment des chantiers Piriou ». Mais Guillaume Le Grand espère déjà voir repartir un bateau rapidement, avec des marins à bord. Une levée de fonds est d’ores et déjà entamée.

« Refaire 15 ans de vie en 15 jours, ce n’est pas évident, mais nous avons des marins et des clients, et une loi vélique qui passera bien assez tôt ». Selon nos informations, un lien avec la Bretagne serait envisagé, si TOWT venait à reprendre la mer.

De son côté, l’entreprise Grain de Sail, qui est le concurrent français de TOWT, également basé dans le Finistère, à Morlaix, reconnaît que le « contexte n’était pas favorable », mais précise que son modèle économique « différent » lui permet pour le moment de continuer à développer son activité. La preuve en est qu’ils présenteraient bientôt le GDSIII, deuxième porte-conteneurs vélique au monde.

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