Trump et l'extrême droite instrumentalisent Ceuta alors que les migrants rentrent au Maroc

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Une "invasion". Voilà le mot qu'a notamment utilisé Donald Trump, vendredi 31 juillet, pour désigner l'afflux de migrants marocains à Ceuta. Comme l'extrême droite européenne, le président américain s'est saisi des images de l'enclave espagnole pour défendre sa politique anti-immigration et attaquer ses adversaires de gauche.

Alors que, dans le même temps, plus de 48 000 des 60 000 migrants arrivés dans l'enclave espagnole sont déjà retournés au Maroc en moins d'une journée, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.

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"Si nous ne sommes pas au pouvoir, notre pays sera envahi à des niveaux qui feront passer ce qui arrive en Espagne pour de la gnognote", a insisté Donald Trump en Conseil des ministres, parlant d'une "invasion" pour décrire le chaos qui secoue Ceuta. "Souvenez-vous de cette image. Ce sera nous dans trois ans si le mauvais camp l'emporte", avait-il averti auparavant auprès de Fox News, à quelques mois d'élections législatives de mi-mandat mal embarquées pour les républicains.

De l'autre côté de l'Atlantique, l'Italie de Giorgia Meloni s'est emparée dès jeudi soir du dossier en affirmant vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen – même si cela n'est pas possible. "L'Italie ne restera pas les bras croisés", a déclaré la Première ministre d'extrême droite, en dénonçant des "images choquantes".

Avec Ceuta, le camp Trump en campagne pour les midterms 

Quelque 60 000 migrants ont rejoint l'enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc en quelques jours, selon les autorités locales, la plus importante vague d'arrivée de migrants depuis 2021 sur ce territoire de la côte nord de l'Afrique.

Ils ont pour la plupart déjà été renvoyés au Maroc, mais de Washington à Prague, les droites et extrêmes droites occidentales voient là l'occasion de défendre leur position anti-immigration, au cœur de leur programme politique.

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"Ces images en provenance d'Espagne sont un rappel malheureux des conséquences des migrations de masse et des politiques mondialistes de la gauche radicale qui ont permis l'invasion de l'Occident", a écrit sur X le vice-président américain JD Vance, porte-voix très idéologue de "L'Amérique d'abord" chère à Donald Trump.

Lors du mandat de Joe Biden, les images de migrants traversant la frontière depuis le Mexique tournaient en boucle sur Fox News, la chaîne préférée des conservateurs américains. Jusqu'à 300 000 interpellations mensuelles ont eu lieu, avant que ces chiffres ne baissent sur la fin du mandat du démocrate, jusqu'à retomber à des niveaux quasi nuls au moment où Donald Trump est revenu à la Maison Blanche, début 2025.

Cette chute drastique de l'immigration clandestine à la frontière sud du pays est régulièrement célébrée comme une victoire par Donald Trump et ses soutiens, en campagne pour les élections de mi-mandat prévues en novembre.

Reprenant les images de cette semaine à Ceuta, le très martial conseiller à la Maison Blanche Stephen Miller a prévenu jeudi sur X : "Les démocrates ont infligé cela à l'Amérique chaque jour pendant quatre ans sous Biden et le referont tout de suite, mais à une échelle infiniment plus grande, s'ils obtiennent la moindre parcelle de pouvoir national."

Le choix de l'Espagne en matière d'immigration attaqué

La diplomatie américaine n'est pas en reste. "Cet incident inacceptable est la conséquence directe des efforts délibérés du gouvernement espagnol visant à permettre et à faciliter l'immigration clandestine massive vers l'Europe", a déclaré sur X le département d'État américain, au diapason des extrêmes droites européennes.

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"L'histoire se répète. En 2015, Angela Merkel a invité les migrants en situation irrégulière à venir en Allemagne pour des raisons politiques, afin de battre les libéraux et les Verts. (...) Le gouvernement espagnol fait aujourd'hui exactement la même chose", a déclaré le Premier ministre tchèque Andrej Babis, un milliardaire nationaliste allié à des partis d'extrême droite, selon une déclaration transmise à l'AFP.

Même son de cloche pour la Française Marine Le Pen. La candidate à la présidentielle a fustigé sur X ces "entrées massives et coordonnées (...) encouragées par le gouvernement espagnol".

La codirigeante de l'extrême droite allemande, Alice Weidel, s'est quant à elle inquiétée d'une arrivée supposée de ces personnes près des frontières de son pays et a appelé les autorités allemandes à les "sécuriser".

Tout comme Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Reform UK, qui déclare sur X "soutenir" l'initiative de Giorgia Meloni.

Avec AFP

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