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Energie. Les avions électriques ou à hydrogène sont loin d'être prêts. Six ans après l'épidémie de Covid, la filière est de nouveau mise à l'épreuve, souligne cet ancien dirigeant d'Airbus.
Publié le 17/04/2026 à 06:30
Un Boeing 777-300ER de la compagnie Air France.
REUTERS
Alors que la crise énergétique pousse la France à s’électriser, le transport aérien ne suit pas la même logique, prévient Philippe Jarry, l'ex-patron de la stratégie d'Airbus. Et pour cause : le kérosène reste de loin le meilleur carburant possible pour propulser les avions. Face à l’envolée des prix et au risque croissant de pénurie, les compagnies aériennes vont donc devoir faire le gros dos, comme pendant l’épisode du Covid. A terme, la question des approvisionnements devra être réévaluée, que ce soit pour le gaz ou le carburant pour les avions, prévient l’expert.
L'Express : "Si la guerre en Iran et le blocus du détroit d’Ormuz durent plus de trois mois, nous aurons de sérieux problèmes d’approvisionnement de kérosène", prévient Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies. Partagez-vous cette analyse ?
Philippe Jarry : Il est évidemment très difficile de prévoir ce qu'il va se passer dans le détroit d’Ormuz. Cependant, on s’est peut-être habitué un peu trop vite à des conflits courts, oubliant que les guerres peuvent s’enliser pendant des années, à l’image de ce qui se passe en Ukraine ou s’était produit au Vietnam. Actuellement, dans le secteur aérien, tout le monde espère un retour à la normale d’ici la fin de l’année. Rien n’est moins sûr. Ce qui met en lumière notre impréparation. Un arrêt de 20 % des flux d’hydrocarbures suffit à mettre le monde sens dessus dessous. Pourtant, 80 % des flux pétroliers n’empruntent pas le détroit d’Ormuz ! En France, on se rend compte que les stocks de kérosène ne sont probablement pas suffisants sur le territoire pour passer la crise. Pour une raison bien simple : nos raffineries ont disparu. On n’importe plus, comme avant, le pétrole brut mais le carburant des avions dans sa version raffinée. C’est moins cher. Il n’y a pas besoin de stocker. Mais on voit le résultat. Dans ce monde de conflits, la question des approvisionnements devra être réévaluée, que ce soit pour le gaz ou le carburant.

il y a 13 hour
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