En 1996, Francis Perrin, juché sur une charrette, arpente les quartiers de Versailles, avec en bouche la prose de Jean-Baptiste Poquelin. Alors directeur du théâtre Montansier enthousiaste, il a dit banco à l’idée suggérée par le jeune maire adjoint à la culture de l’époque, François de Mazières, de consacrer un mois au théâtre.
Trente ans plus tard, le Mois Molière s’est ancré dans la ville, étoffé au point de devenir le petit frère francilien du Festival d’Avignon, certains de ses spectacles se délocalisent d’ailleurs depuis 2024 dans la cité des Papes. Plus de 100 000 amateurs s’y pressent chaque année pour assister aux quelque 350 représentations proposées dans des lieux magiques, telles que la cour des Grandes Écuries ou le Potager du roi.
Quinze spectacles à découvrir en avant-première
« Trente ans, cela marque une longue aventure. Pour cet anniversaire, on ne change rien », explique son créateur, maire (divers droite depuis 2008) ce jeudi lors de la présentation officielle. Pas de people donc, ni de guest-star pour souffler les bougies.
« Pour cette année, nous n’avons pas voulu faire de spectacles avec un grand nom. Ce n’est pas notre ADN, pas l’esprit du festival, bien que des Molières soient nés à Versailles, ajoute François de Mazières. C’est un festival populaire et de qualité. Notre volonté est de transmettre un théâtre qui s’adresse à tous ».
L’édile s’appuie notamment sur douze compagnies de théâtre en résidence dans la ville, mais aussi sur d’autres, fidèles depuis des années dont certaines proposent des créations. Cette année, elles sont au nombre de 15 dans des registres très différents.
Fidèle à la cité royale, le Théâtre du petit monde, outre « la Belle Hélène et les garçons », une revisite de l’opéra d’Offenbach version sitcom déjà programmée l’an passé, proposera en avant-première « l’Auberge du Père Tranquille », d’après le roman de Philippe Karelle, et mettra en scène une pièce signée du maire lui-même sur « Olympe Audouard, première femme journaliste ».
Des compagnies de théâtre fidèles
La compagnie L’éternel Été, associée à Versailles depuis huit ans, revisitera, elle, un classique « Dom Juan », en se penchant sur les relations d’emprise, et offre dans un tout autre registre une adaptation du « Grand Meaulnes » d’Alain Fournier.
Connue pour son appétence pour les auteurs russes, la troupe, La voix des Plumes, installée depuis 2016 à Versailles, fera un pas de côté cette année, en mettant, en lumière un texte de Marivaux « seconde surprise de l’amour ».
Il y aura aussi du suspense avec « L’affaire Petiot » une création de Philippe Touzet, du glamour avec « Encore une Marilyn, mais cette fois-ci la vraie ! » de Sophie Forte, et de la folie douce avec la création d’Eric Bouvron « la Danse du Caméléon ». Des créations, mais pas que, que le public pourra découvrir à des prix très doux. 4 euros pour les spectacles dans la cour des Grandes écuries.
*Mois Molière, du 30 mai au 30 juin 2026. Les réservations ouvriront le 20 mai pour les spectacles du 30 mai au 14 juin, puis le 3 juin pour ceux du 15 au 30 juin. Renseignements sur moismolière.com.











English (US) ·