«Votre charcutier m’est tout à fait sympathique» : Roger Nimier, faussaire de génie chez les grands écrivains

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Roger Nimier, en 1954. Boris Lipnitzki / Roger-Viollet, François Bouchon / Le Figaro, AF

On croyait tout connaître de Roger Nimier, «le Hussard bleu», sa légende, ses amis, sa mort spectaculaire au volant d’une voiture de sport. Les archives de la Bibliothèque Jacques-Doucet révèlent un homme plus secret, au talent et aux relations éclectiques.

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Le jeune romancier raffolait du pastiche, occasion pour lui d’exprimer à un écrivain une admiration teintée d’ironie. Parmi ses cibles, Paul Valéry, Marcel Aymé ; et François Mauriac, à qui l’unissait une relation faite, de part et d’autre, d’affection et de rivalité.

Depuis les années d’Occupation, Nimier lit, aime, admire et copie. Comme s’il rongeait son frein avant d’entrer dans l’arène des lettres de l’après-guerre. Son aisance parmi les grands écrivains, sa facilité d’écriture et son goût pour la farce le conduisent naturellement au pastiche. Est-ce une affaire de génération ? Un Antoine Blondin usera de ce procédé pour rédiger certaines de ses chroniques sur le Tour de France et, plus tard, un Jean-Louis Curtis livrera d’étincelantes parodies d’écrivains des années 1960, avec La Chine m’inquiète. Et l’éblouissant Jacques Laurent livrera avec sa complice Claude Martine Neuf Perles de culture ; autant de pastiches inspirés des théâtres de Giraudoux, Anouilh, Montherlant, Cocteau ou Audiberti…

Nimier compose un livre de pastiches tapé à la machine, signé Jérôme de La Perrière. Ses victimes : Platon, Alain, Jules Isaac, l’historien des manuels, et Claudel (Hamilcar, opéra-bouffe, musique de Vincent Scotto) ; et encore Paul Valéry, un ami…

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Le Figaro

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