Yvelines : après 12 ans de bras de fer, la justice donne le feu vert au pont d’Achères

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C’était la dernière carte du jeu pour les associations opposées à la réalisation du pont d’Achères (Yvelines). Peine perdue. Le tribunal administratif de Versailles a rejeté mardi l’ultime recours contre la réalisation de la voie routière enjambant la Seine pour relier la RD 30 à la RD 190. Et dont les travaux préparatoires sont déjà en cours.

Les collectifs et associations, tels le Copra 184, Adiv-Environnement, Triel environnement ou encore Construire ensemble Andrésy solidaire (CEAS) dénonçaient à travers la procédure l’autorisation environnementale délivrée par le préfet des Yvelines il y a trois ans au conseil départemental, à la manœuvre dans ce dossier au coût estimé à 160 millions d’euros.

Les opposants à ce vaste chantier qui doit s’étaler jusqu’au début de la prochaine décennie, appuyaient une partie leur argumentaire sur la présence d’espèces protégées qui n’auraient « pas été prises en compte ». Parmi elles, l’œdicnème criard, également appelé courlis de terre, un oiseau semi-nocturne dont le tribunal n’a pas jugé la présence « établie ».

« Une raison d’intérêt public majeur »

Dans son jugement, le tribunal administratif souligne a contrario que le projet répond « à une raison d’intérêt public majeur » de par sa vocation à « désengorger ce secteur dans un contexte de développement urbain important ».

Mais aussi « à contribuer, en désenclavant la boucle de Chanteloup, à réduire le temps de transport des usagers souhaitant relier les deux rives et à faciliter la réalisation du tram 13, mode alternatif au transport routier ». À noter que le secteur doit accueillir d’ici à 2040 un port industriel géant du Grand Paris.

Le conseil départemental des Yvelines salue une décision de justice « qui reconnaît pleinement la solidité juridique du projet et valide l’ensemble des procédures engagées ». La collectivité souligne également que « le travail rigoureux conduit depuis de nombreuses années, tant sur le plan environnemental que sur celui de la concertation avec les habitants, est également confirmé ».

Pierre Bédier, le président (divers droite) du conseil départemental voit ainsi en ce jugement « une reconnaissance claire de la pertinence et de la nécessité (de l’infrastructure) » et une validation de « notre vision globale des mobilités dans ce secteur ». « Nous poursuivrons sa mise en œuvre avec détermination et responsabilité », annonce-t-il.

Les associations réfléchissent à la suite du mouvement

Cet ultime revers juridique pour les associations sonne a priori le glas d’un long combat lancé en 2014 et marqué notamment par la forte mobilisation de 2023, année au cours de laquelle les manifestations s’étaient enchaînées.

Déjà déboutés par le tribunal administratif dans leur demande de suspension du chantier, les opposants avaient reçu durant les semaines suivantes le soutien de certains élus locaux du Val-d’Oise.

En septembre dernier, c’est le maire de Triel-sur-Seine, Cédric Aoun (divers droite) qui avait tenté à son tour de placer une embûche en refusant de rétrocéder des chemins prévus sur le tracé au motif que le pont « n’apporte rien » aux habitants de sa commune.

Pour l’heure, rien n’indique encore si les requérants comptent faire appel. « On doit se réunir prochainement en bureau pour en discuter, mais on sent bien que nos arguments ne sont pas étudiés comme on l’espérait », indique-t-on du côté du Copra 184.

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