2 millions d’euros de dégâts après l’incendie de 2023 : l’Office français de la biodiversité de Brest rouvre enfin

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Après trois ans, dont un an et demi de travaux, l’un des quatre grands sites français de l’Office français de la biodiversité (OFB), celui de Brest (Finistère), a enfin rouvert ses portes ce vendredi 17 avril. En mars 2023, suite à la crise de la filière pêche − qui en traverse actuellement une nouvelle en raison de l’augmentation du gazole −, près de 800 marins-pêcheurs venus de toute la Bretagne s’étaient rassemblés sur le quai de la Douane, au cœur du port de commerce de la cité du Ponant, afin de manifester, symboliquement, devant l’OFB. Outre un feu de palettes et de pneus monumental, des centaines de fusées de détresses avaient été tirées vers la façade des locaux de l’OFB. Malheureusement, l’une d’elles avait traversé une vitre, au dernier étage, et, suite à une nuit très venteuse, le feu avait couvé des heures durant, pour laisser place à un incendie impressionnant.

« Je ne pointe personne du doigt »

Les bureaux de la quarantaine d’agents de ce bâtiment − l’OFB de Brest compte 150 personnes réparties sur plusieurs bâtiments −, avaient été réduits à néant en une nuit. « C’était un véritable traumatisme pour les agents, glisse Bénédicte Vergobbi, en charge des finances de l’OFB, à Vincennes (le siège social), avant de présenter un tout nouveau projet de réunification des différents locaux, pas encore daté car encore à ses prémices, mais d’ores et déjà dans les tuyaux.

En mars 2023, la plus grande manifestation de marin-pêcheur depuis au moins 30 ans, avait vu brûler accidentellement les locaux de l'OFB, sur le port de Brest./LP/Nora Moreau

En mars 2023, la plus grande manifestation de marin-pêcheur depuis au moins 30 ans, avait vu brûler accidentellement les locaux de l'OFB, sur le port de Brest./LP/Nora Moreau

« Le coût de la reconstruction du bâtiment (hors façade, qui a pu être conservée) s’est élevé à 2 millions d’euros », indique Olivier Thibault, directeur général de l’OFB, ajoutant que la communication et les collaborations régulières avec les marins-pêcheurs n’ont jamais été rompues. « Je ne pointe personne du doigt, a-t-il précisé. La justice a reconnu, au pénal, qu’il s’agissait d’un accident, et non d’un acte volontaire. L’OFB était un établissement public de l’État, nous sommes évidemment assurés, et les assurances ont pris ça en charge. »

En revanche, il semblerait que les assurances se soient retournées contre l’État et le Comité des pêches, qu’elles souhaitent tenir pour coresponsables au civil, et donc voir rembourser intégralement les travaux… « Une procédure judiciaire est effectivement en cours », confirme Olivier Thibault.

En parallèle de ces temps d’échange, l’inauguration des nouveaux locaux s’est déroulée devant un parterre d’élus, dont le nouveau maire de Brest, Stéphane Roudaut, l’insoumise Cécile Beaudouin, l’écologiste Ronan Pichon, et le président du département, Maël de Calan. Présents également des agents territoriaux et des militaires qui accueillaient, pour l’occasion, la ministre de la Transition écologique, de la biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Monique Barbut.

L’inauguration des nouveaux locaux s’est déroulée devant, notamment, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le nouveau maire de Brest, Stéphane Roudaut, l’insoumise Cécile Beaudouin, l’écologiste Ronan Pichon, et le président du département, Maël de Calan. Présents également des agents territoriaux et des militaires./LP/Nora Moreau

L’inauguration des nouveaux locaux s’est déroulée devant, notamment, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, le nouveau maire de Brest, Stéphane Roudaut, l’insoumise Cécile Beaudouin, l’écologiste Ronan Pichon, et le président du département, Maël de Calan. Présents également des agents territoriaux et des militaires./LP/Nora Moreau

Cette dernière et sa délégation ont pu rencontrer les agents de l’OFB pour évoquer leurs missions, notamment en Bretagne, sur les zones maritimes protégées. Elle a ainsi tenu à saluer « les travaux qui sont déployés ici, et qui permettent à notre pays d’être à la pointe sur la connaissance des milieux marins. Ces données (…) sont extrêmement précieuses pour nous permettre d’adapter nos stratégies sur l’éolien en mer et les aires marines protégées ».

Monique Barbut s’est vue présenter le Parc naturel marin d’Iroise, représentée par sa directrice déléguée, Myriam Sibillotte. Celui qui se trouve être le tout premier parc marin français se distingue toujours par sa gouvernance partagée entre institutionnels, chercheurs, agents de terrain… et marins-pêcheurs. Ce qui a justement étonné, c’est l’absence remarquée des représentants de la filière pêche lors de ce temps fort sur la pointe bretonne.

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