« Tous les jeunes utilisent l’IA dans leurs études, c’est trop tard pour leur interdire. En revanche on peut leur apprendre à bien s’en servir. » Professeur dans un lycée de la banlieue parisienne, Thomas Galoisy fait partie de ces enseignants convaincus que l’intelligence artificielle, et plus particulièrement les grands modèles de langage comme Chat GPT ou Gemini, sont des outils que les lycéens et les étudiants doivent savoir utiliser, y compris pour préparer leurs examens.
1. Lui faire faire des fiches
En premier lieu, l’IA peut servir à faire des fiches. C’est notamment ce que Thomas Galoisy enseigne à ses élèves de lycée. Mais pas n’importe comment puisqu’il conseille de bien soigner son prompt. Un exemple ? « Voici mon cours sur [thème]. Résume-le en une fiche de révision avec plan détaillé, définitions, 5 exemples précis, et 5 questions de vérification. » Et en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, la fiche de révision est prête.
Attention cependant : « Il faut tester plusieurs IA avec le même prompt, pour comparer les résultats, et vérifier le contenu des fiches avec son cours ou ses notes, pour corriger d’éventuelles erreurs. » Et ne pas s’abstenir de la réécrire pour la mémoriser et se l’approprier !
2. Se tester grâce à des quiz
Autre suggestion : transformer son cours en quiz, pour mieux le mémoriser. Prompt proposé, par exemple en histoire-géographie : « Génère 10 QCM, 5 questions de cours et 3 sujets de composition probables en HGGSP niveau Terminale, en suivant le programme du bac 2026. » L’idée est ensuite de se tester en temps limité, comme au bac ou lors des partiels, puis de demander à l’IA de corriger vos réponses, en vous détaillant vos erreurs et les points à améliorer.
3. S’entraîner à la dissertation
De la même manière, Thomas Galoisy propose de s’entraîner à la dissertation, par exemple en philosophie : « Donnez un sujet à l’IA et demandez-lui : « Aide-moi à construire une problématique, un plan en deux ou trois parties, et une liste d’exemples précis, niveau bac. Pose-moi des questions avant de répondre. » Après avoir rédigé votre introduction et une partie, demandez à l’IA sa correction en appliquant les critères importants pour le bac.
4. Se tester pour le grand oral
Dernier exemple avec le grand oral : « Les élèves ont peur des questions que vont leur poser les professeurs lors du grand oral, alors l’année dernière je leur ai proposé de demander à l’IA quelles questions pourraient leur être posées, afin de leur permettre de s’entraîner à y répondre » - la méthode est déclinable également pour un étudiant de BTS ou de Master qui doit présenter son rapport de stage ou son mémoire devant un jury. Selon Thomas Galoisy, les notes de ses élèves au bac 2025 se sont bien améliorées grâce à ce « copilote » qu’est l’IA.
5. Se faire expliquer des notions
Cédric Cano, lui, a déjà son bac, mais encore des examens à réussir. À 23 ans, l’étudiant en M1 Patrimoine et cultures numériques, à l’université d’Avignon, a intégré les outils d’intelligence artificielle dans sa routine de révision : « Par exemple je prends une capture d’écran de mes notes de cours prises sur mon ordinateur, et je demande à l’IA, soit ChatGPt, soit Gemini, de m’expliquer telle ou telle notion qui n’est pas claire pour moi. Je lui demande aussi de me préparer des quiz de révisions. Je sais que beaucoup de professeurs ne sont pas d’accord avec ça et voient l’IA comme un poison mais mon argument c’est que ces nouvelles technologies sont désormais là, on ne peut pas passer à côté et ne pas les utiliser. »
Pour vous aider aussi à réviser :
Attention mets en garde, Christophe Cailleaux, enseignant en lycée à Dijon et formateur à l’INSPE. « Les lycéens et étudiants semblent persuadés que l’IA va leur faire ‘gagner du temps’ sur leurs révisions. Mais pour apprendre, il faut digérer des informations, se les approprier : ce processus d’apprentissage passe par l’écriture de ses fiches de révision. En zappant cette étape on zappe cette partie de l’apprentissage. »
Un point de vue que partage aussi Sofia Rufin, PDG de Virtual Learning, une startup du secteur des edtech qui forme notamment des étudiants de l’université Lyon 1 à l’usage de l’IA. « L’accès simple à l’IA permet d’organiser rapidement ses idées, d’établir un premier plan de travail, et donc de gagner du temps. Mais sa systématisation peut entraîner une diminution des efforts au quotidien : or la dépendance à la facilité est un phénomène bien connu qui sur le long terme affaiblit la volonté ».
Apprendre implique en effet un effort pour réécrire « pour soi ce qu’on a compris du cours, soit un processus d’assimilation incontournable. « On sait aussi que réviser en groupe favorise le lien, mais aussi la mémorisation des cours » pointe encore Sofia Rufin. Gare au mirage conclue Christophe Cailleaux : « L’IA peut apparaître comme la bouée de sauvetage, celle qui permet de se mettre aux révisions le plus tard possible, c’est un mirage. »











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