Actualité : Loose à la Nasa : la mission LINK qui devait sauver un satellite en perdition est elle-même en perdition

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Publié le 30/07/26 à 11h14

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C’est l'arroseur arrosé de la conquête spatiale. Parti secourir un célèbre observatoire de la Nasa à la dérive, le satellite sauveteur LINK tourne désormais sur lui-même à cause d'une panne critique. Les ingénieurs tentent une manœuvre de la dernière chance pour reprendre les commandes.

 la mission LINK qui devait sauver un satellite en perdition est elle-même en perdition

© Nasa/Goddard - Le satellite de la Nasa, Swift, en perdition au-dessus de la Terre.

Voilà un scénario ironique dont la Nasa se serait bien passée. Le 3 juillet dernier, l'agence spatiale envoyait dans l’espace le vaisseau expérimental LINK, développé par la jeune pousse américaine Katalyst Space Technologies. Son objectif était une mission de secours inédite à 30 millions de dollars visant à s'arrimer au télescope spatial Neil Gehrels Swift, dont l'orbite décline dangereusement depuis plusieurs années, pour lui donner un coup de peps propulsif et prolonger sa durée de vie. Seulement voilà, quelques semaines à peine après son lancement, c’est le sauveteur lui-même qui est en détresse.

Image capturée par l’une des caméras de LINK le 9 juillet 2026.

Image capturée par l’une des caméras de LINK, le 9 juillet 2026.

© Katalyst

Selon un communiqué publié par la Nasa, l'engin LINK rencontre de sérieux problèmes de contrôle d’attitude (l’orientation du vaisseau dans l’espace). La sonde s'est mise à tourner sur elle-même, entraînant des communications très intermittentes avec le centre de contrôle terrestre.

Les premières analyses révèlent une panne critique : deux de ses trois roues de réaction — les actionneurs gyroscopiques qui permettent à un satellite de pivoter avec précision sans consommer de carburant — sont hors service. Pour couronner le tout, le système de propulseurs à gaz froid accuse une perte partielle de fonctionnalité.

L’ironie est mordante : en 2022, le télescope Swift lui-même avait dû être mis en mode de sécurité en raison d'un problème sur… l'une de ses propres roues de réaction.

LINK tire l'un de ses propulseurs alimentés au xénon sur cette image capturée par le vaisseau spatial le 8 juillet 2026

LINK tire l'un de ses propulseurs alimentés au xénon sur cette image capturée par le vaisseau spatial, le 8 juillet 2026

© Katalyst

Tentative de sauvetage du télescope Swift par propulsion électrique

Malgré cette situation périlleuse, les équipes de la Nasa et de Katalyst Space ne jettent pas l'éponge. Le reste des systèmes de bord (panneaux solaires, calculateurs) fonctionne correctement. Les ingénieurs tentent désormais une manœuvre délicate consistant à utiliser la propulsion électrique de LINK pour stopper la rotation incontrôlée et stabiliser l'appareil.

Si la manœuvre réussit, il faudra encore évaluer si le vaisseau conserve une capacité d'orientation suffisante pour mener à bien sa mission initiale. LINK était censé s'approcher de Swift, cartographier l'observatoire sous tous les angles, puis déployer trois bras robotiques articulés pour le saisir fermement avant de rallumer ses moteurs.

30 millions contre 250 millions : le pari du service orbital

Lancé en 2004 pour un coût de 250 millions de dollars, l'observatoire Swift est un pilier de l'astrophysique moderne, célèbre pour avoir capturé en 2022 le sursaut gamma “‍BOAT‍” (Brightest of All Time), l'explosion cosmique la plus puissante jamais enregistrée. Incapable de rehausser seul son orbite, le satellite risque sans intervention une rentrée atmosphérique destructrice d'ici peu.

À seulement 30 millions de dollars, la mission LINK incarnait le virage de la Nasa vers des missions légères, confiées au secteur privé pour prolonger la durée de vie des infrastructures spatiales existantes. Cette avarie rappelle une vérité fondamentale : le service et la maintenance en orbite basse restent l'un des défis technologiques les plus complexes de notre époque.

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