Actualité : Un signal WiFi peut vous reconnaître à votre démarche, à travers les murs, et sans votre accord

il y a 2 day 2

Publicité, votre contenu continue ci-dessous

Publicité

La biométrie passive entre dans le salon

Publié le 01/06/26 à 17h04

Nos réseaux :

Suivez-nous

Ajoutez nous à vos favoris Google

3

Des chercheurs allemands ont identifié des personnes avec 99,5 % de précision grâce aux seules ondes WiFi, captées passivement par un appareil grand public. Aucune parade efficace n'existe à ce jour.

Un signal WiFi peut vous reconnaître à votre démarche, à travers les murs, et sans votre accord

© Shutterstock - Une personne traversant une pièce. C'est précisément ce mouvement, et la manière dont il perturbe les ondes WiFi environnantes, qui permet de l'identifier.

L'idée a de quoi déranger. Trois chercheurs du Karlsruhe Institute of Technology ont démontré qu'il est possible de reconnaître un individu à sa façon de marcher, uniquement à partir des perturbations qu'il provoque sur un signal WiFi. Leur attaque, baptisée BFId et présentée à la conférence CCS 2025, atteint une précision de 99,5 % sur un panel de 197 participants. Le corps humain perturbe les ondes d'une manière suffisamment singulière pour servir de signature biométrique, au même titre qu'une empreinte digitale.

Le maillon faible : un signal diffusé en clair

La technique repose sur le BFI (Beamforming Feedback Information), une donnée introduite avec le WiFi 5 pour orienter le signal vers les appareils connectés. Le problème tient à un détail de conception : cette information est diffusée en clair, sans chiffrement. N'importe quel appareil WiFi du commerce basculé en mode surveillance peut la capter, sans mot de passe, sans accès au réseau, et même depuis une pièce voisine à travers une cloison. Un seul boîtier malveillant suffit à enregistrer toutes les personnes présentes dans le champ du réseau.

 les participants traversaient une pièce couverte par deux réseaux WiFi, enregistrés simultanément sous quatre angles, dont un situé dans la pièce voisine.

Le dispositif de l'étude : les participants traversaient une pièce couverte par deux réseaux WiFi, enregistrés simultanément sous quatre angles, dont un situé dans la pièce voisine.

© Todt, Morsbach & Strufe / KIT

Les travaux antérieurs exploitaient le CSI, une donnée comparable mais réservée à du matériel modifié, ce qui limitait le risque. Le BFI lève cette barrière. Selon les auteurs, plus de la moitié des appareils WiFi déjà déployés le prennent en charge.

La précision d'identification via BFI (en rouge) reste proche de 100 % quelle que soit la démarche, là où la méthode CSI (en bleu) chute lourdement.

La précision d'identification via BFI (en rouge) reste proche de 100 % quelle que soit la démarche, là où la méthode CSI (en bleu) chute lourdement.

© Todt, Morsbach & Strufe / KIT

Un risque réel, mais encore en laboratoire

La méthode reste robuste quand la personne change d'allure, porte un sac, ou passe un tourniquet. Réduire la fréquence des mesures ne suffit pas à la neutraliser. Les chercheurs évoquent un "inverse panopticon" et le scénario d'un régime autoritaire traquant des manifestants via le WiFi d'un café.

Une nuance s'impose toutefois, puisque l'expérience a été menée en conditions très contrôlées, avec des vêtements standardisés et un échantillon limité, loin des milliers d'individus d'une vraie ville. La menace est démontrée, sa généralisation reste à prouver. Reste un constat qui pèse : la future norme 802.11bf prévoit de standardiser ce "WiFi sensing" sans y associer la moindre protection de la vie privée.

Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques

Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.

Publications qui peuvent vous intéresser
Lire l’article en entier