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CRITIQUE - Aussi rares que minutieux, les retables, dessins et gravures de ce peintre à la main d’orfèvre, l’un des plus célèbres du couloir rhénan à la fin du XVe siècle, se trouvent exceptionnellement réunis à Paris.
Passer la publicitéDes larmes cristallines coulent sur des joues ayant été doucement modelées, puis que les siècles ont craquelées. Quelle empathie - et quelle précision ! - dans ces Vierges et ces Marie-Madeleine peintes dans l’entourage de Martin Schongauer (vers 1445/1450-1491). Ce maître-artiste a visiblement stimulé les meilleurs de ses cadets, actifs dans le couloir rhénan et acteurs, comme lui, du passage entre gothique international et Renaissance nordique.
Au premier rang d’entre eux, il y a Albrecht Dürer. Ce Vinci du nord tenait Schongauer pour son modèle personnel. Et, s’il est allé jusqu’à le surnommer « le beau Martin », ce ne fut certes pas que pour le plaisir d’un jeu de mots. Ces larmes si touchantes ainsi que mille autres détails aussi minuscules qu’éloquents, on peut les admirer au Louvre dans une exposition consacrée à ce natif de Colmar emporté par la peste en 1491 à Vieux-Brisach, cité du Bade-Wurtemberg également située sur le Rhin. Les plus visibles sont nées du pinceau du…

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